Le pont Gordie-Howe devient un enjeu électoral aux États-Unis : la candidate Mallory McMorrow accuse Donald Trump
- 30 juin
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Le pont international Gordie-Howe, qui doit relier Windsor (Ontario) à Detroit (Michigan), devait symboliser une nouvelle ère pour le commerce nord-américain. Au lieu de cela, il est aujourd’hui au cœur d’une controverse politique qui dépasse largement le monde du transport routier.
Alors que l’infrastructure est essentiellement terminée et prête à entrer en service, son ouverture demeure suspendue. Aucun échéancier officiel n’a encore été annoncé, ce qui alimente les spéculations des deux côtés de la frontière.
Un projet stratégique pour le camionnage
D’une valeur d’environ 6,4 milliards de dollars canadiens, le pont Gordie-Howe représente l’un des plus importants projets d’infrastructure de l’histoire entre le Canada et les États-Unis.
Chaque année, des centaines de milliards de dollars de marchandises transitent entre Windsor et Detroit, l’un des corridors commerciaux les plus achalandés en Amérique du Nord.
Pour l’industrie du camionnage, cette nouvelle traversée doit notamment permettre :
d’améliorer la fluidité du transport;
de réduire les temps d’attente;
d’offrir une alternative au pont Ambassador;
de soutenir les chaînes d’approvisionnement nord-américaines.
Une ouverture reportée à la dernière minute
Une cérémonie officielle devait avoir lieu le 12 juin, mais elle a été annulée à la dernière minute.
Les autorités ont simplement indiqué que le Canada et les États-Unis devaient encore régler certaines questions administratives, sans préciser lesquelles. Depuis, aucune nouvelle date d’ouverture n’a été annoncée.
Mallory McMorrow fait du pont un enjeu électoral
La situation a maintenant pris une tournure politique.
La sénatrice de l’État du Michigan, Mallory McMorrow, candidate à l’investiture démocrate pour le Sénat américain, a lancé une publicité électorale dans laquelle elle accuse le président américain d’avoir retardé l’ouverture du pont.
Dans cette publicité, elle lance directement :
« Open this damn bridge. »
Selon Mme McMorrow, ce retard nuit aux travailleurs, aux entreprises et à l’économie des deux côtés de la frontière.
Les liens avec la famille Moroun relancent les questions
Le débat est devenu encore plus sensible après la publication d’informations indiquant que Matthew Moroun, membre de la famille propriétaire du pont Ambassador, aurait rencontré le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, peu avant que le dossier ne soit retardé.
Quelques semaines auparavant, Matthew Moroun avait également versé 1 million de dollars américains à un comité politique soutenant le président américain, selon les registres électoraux cités par plusieurs médias.
Aucune preuve publique n’établit que ce don a causé le report de l’ouverture. Toutefois, cette séquence d’événements alimente les critiques de l’opposition démocrate et les demandes de transparence.
Pourquoi ce dossier est-il si important?
Le pont Ambassador, propriété privée de la famille Moroun, assure depuis des décennies une grande partie du trafic commercial entre Windsor et Detroit.
L’arrivée du pont Gordie-Howe représente donc une concurrence importante avec :
des installations modernes;
une capacité accrue;
des postes douaniers entièrement neufs;
des péages annoncés comme plus compétitifs que ceux du pont Ambassador.
Les camionneurs attendent toujours
Pendant que le débat politique s’intensifie, les principaux intéressés demeurent les transporteurs.
Chaque semaine de retard signifie que le trafic commercial continue d’être concentré sur les infrastructures existantes, alors que le nouveau pont est pratiquement prêt à accueillir les premiers véhicules.
L’industrie du camionnage espère maintenant que les considérations politiques laisseront rapidement place aux impératifs économiques afin que cette infrastructure stratégique puisse enfin entrer en service.



