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Selon Repreneuriat Québec, 41,3 % d’entreprises de transport et entreposage ont changé de main en moins de 10 ans

  • il y a 19 heures
  • 4 min de lecture
Source: Repreneuriat Québec
Source: Repreneuriat Québec

Le transfert d’entreprises prend de l’ampleur au Québec, et le secteur du transport et de l’entreposage fait partie des industries où la progression est particulièrement marquée. Selon la troisième édition de l’Étude nationale du repreneuriat et des transferts d’entreprise au Québec, dévoilée par Repreneuriat Québec en collaboration avec Desjardins, le secteur affiche une croissance de 41,3 % de son taux de transfert par rapport à 2015.


Cette donnée place le transport et l’entreposage parmi les secteurs ayant connu les plus fortes progressions au Québec au cours de la période étudiée. Les industries manufacturières arrivent devant avec une hausse de 43,1 %, tandis que les services professionnels, scientifiques et techniques affichent une progression de 30 %.


En 2023, le transport et l’entreposage représentait 4,9 % de l’ensemble des transferts d’entreprises réalisés au Québec.


38 000 entreprises québécoises à transférer d’ici la fin de 2028


Le phénomène dépasse largement l’industrie du transport. Repreneuriat Québec estime que 38 000 entreprises devront trouver une relève entre 2026 et la fin de 2028, ce qui représente un enjeu majeur pour la pérennité du patrimoine entrepreneurial québécois.


Les données montrent que le mouvement est déjà bien amorcé. Entre 2015 et 2023, le nombre de transferts d’entreprises a progressé de 38,1 % au Québec.


L’année 2023 a d’ailleurs établi un sommet avec 11 755 transferts de PME, soit une augmentation de 9,7 % par rapport à l’année précédente. Le taux de transfert a ainsi atteint 6 %, son niveau le plus élevé depuis le début de la collecte de ces données.


Pour le transport routier, où plusieurs entreprises québécoises ont été bâties au fil des décennies par des entrepreneurs aujourd’hui proches de la retraite, cette transition représente un enjeu particulièrement important. Le transfert d’une entreprise ne concerne pas seulement son propriétaire : il peut également déterminer l’avenir de ses emplois, de sa clientèle, de ses équipements et de son savoir-faire.


194 000 emplois concernés par les transferts


L’ampleur économique du repreneuriat est considérable. Les entreprises transférées en 2023 représentaient environ 194 000 emplois, une augmentation de 64,3 % comparativement à 2015.


La valeur des actifs concernés atteignait 60,3 milliards de dollars, tandis que les entreprises transférées généraient 61,9 milliards de dollars de revenus.


Même si les entreprises ayant changé de propriétaire ne représentaient que 6 % des PME québécoises en 2023, elles détenaient 12,2 % de la valeur totale des actifs des PME employeuses.


Les entreprises reprises seraient plus productives


L’étude s’est également intéressée à ce qui arrive aux entreprises après leur transfert.


Selon les résultats présentés par Repreneuriat Québec, les PME issues du repreneuriat sont en moyenne 11,1 % plus productives que celles demeurées entre les mains de leur propriétaire d’origine.


En 2023, cet écart atteignait même 13,3 %.


Cette différence aurait généré 7,7 milliards de dollars de revenus supplémentaires dans l’économie québécoise en une seule année, ce qui correspond à une moyenne de 39 751 $ supplémentaires par employé.


Les entreprises transférées semblent également davantage miser sur l’innovation. Le nombre d’entreprises reprises investissant en recherche et développement aurait augmenté de 16,3 % depuis 2015, alors que le nombre reculait de 23,3 % pour l’ensemble des entreprises québécoises.


Les plus petites entreprises sont au cœur du phénomène


La taille de l’entreprise influence fortement la probabilité qu’un transfert soit réalisé.


En 2023, le taux de transfert était de seulement 4,1 % pour les entreprises comptant de un à quatre employés. Il atteignait 8,3 % chez celles de 5 à 19 employés, 11,3 % pour les entreprises de 20 à 49 employés et jusqu’à 14,2 % pour celles comptant entre 100 et 499 employés.


Malgré ces écarts, près de 80 % des transferts réalisés en 2023 concernaient des entreprises comptant de 1 à 19 employés.


Cette réalité est particulièrement pertinente dans le transport routier québécois, une industrie où évoluent de nombreuses petites entreprises et entreprises familiales.


Près de six propriétaires sur dix n’ont toujours pas de plan


L’un des principaux risques identifiés dans l’étude demeure le manque de préparation des dirigeants.


Alors que la proportion de propriétaires âgés de 55 ans et plus continue d’augmenter, près de six propriétaires-dirigeants sur dix n’auraient toujours pas de plan de relève.


Pour Repreneuriat Québec, l’enjeu des prochaines années sera donc autant de trouver des repreneurs que de convaincre les propriétaires de préparer suffisamment tôt leur transition.


La situation est d’autant plus importante que les jeunes repreneurs sont moins nombreux. En 2023, les personnes âgées de 29 ans et moins ne représentaient que 4,5 % des reprises, leur plus faible proportion depuis 2015.


À l’inverse, 38,5 % des repreneurs avaient 55 ans ou plus, tandis que 57 % étaient âgés de 30 à 54 ans.


Une meilleure survie après un transfert


Le repreneuriat présente également un avantage important sur le plan de la continuité.


Selon l’étude, 73 % des entreprises transférées sont toujours actives sept ans après la transaction, comparativement à 49 % des entreprises nouvellement créées.


Cette différence illustre l’importance stratégique du transfert d’entreprise pour préserver les activités économiques déjà établies, particulièrement dans des secteurs essentiels comme le transport et l’entreposage.


Le transport québécois face à une importante transition


Avec une croissance de 41,3 % du taux de transfert depuis 2015, le transport et l’entreposage se trouvent directement au cœur du mouvement de repreneuriat qui transforme actuellement l’économie québécoise.


Et la tendance devrait se poursuivre rapidement : 38 000 entreprises québécoises sont appelées à changer de mains entre 2026 et la fin de 2028.



Pour l’industrie du camionnage, les prochaines années pourraient ainsi être marquées par une multiplication des ventes, des transferts familiaux et des acquisitions d’entreprises. Au-delà des transactions elles-mêmes, l’enjeu sera de préserver les emplois, les équipements, l’expertise et les entreprises de transport développées au Québec au cours des dernières décennies.


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