Le diesel atteint un nouveau record à près de 6,27 $ le gallon aux États-Unis

Le prix du diesel continue de s’envoler aux États-Unis. Ce mardi 15 septembre 2026, le prix moyen national a atteint 6,2694 $ US le gallon, soit environ 3,78 litres, établissant ainsi un nouveau record historique, selon les données de l’American Automobile Association (AAA).
Cette flambée survient dans un contexte de fortes tensions sur le marché mondial de l’énergie, alors que les perturbations au Moyen-Orient et les attaques contre plusieurs raffineries russes contribuent à réduire l’offre mondiale de produits raffinés.
Un record historique pour le diesel américain
Selon l’AAA, le diesel se vend maintenant en moyenne 6,2694 $ US le gallon à travers les États-Unis.
À titre de comparaison, il coûtait :
6,2301 $ la veille;
5,9012 $ une semaine auparavant;
5,4396 $ il y a un mois;
3,6858 $ à la même période l’an dernier.
La hausse sur un an dépasse donc largement les 2,50 $ US le gallon.
Le précédent sommet historique remontait au 19 juin 2022, lorsque le prix moyen national avait atteint environ 5,816 $ US le gallon, quelques mois après le début de l’invasion russe de l’Ukraine.
La barre des 6 $ le gallon avait été franchie pour la première fois la semaine dernière. La progression s’est poursuivie depuis.
Les transporteurs directement frappés par la hausse
Pour l’industrie du camionnage, cette augmentation représente une pression considérable.
Le diesel demeure au cœur du transport de marchandises aux États-Unis. Une hausse rapide du carburant peut donc directement affecter les coûts d’exploitation des transporteurs, particulièrement ceux des petites flottes et des propriétaires-exploitants.
Les entreprises peuvent tenter de récupérer une partie de cette augmentation avec des surcharges de carburant, mais celles-ci ne compensent pas nécessairement immédiatement les fluctuations rapides du marché.
À plus long terme, la hausse du diesel peut également se répercuter sur les coûts de transport des aliments, des matériaux, des produits manufacturés et de nombreuses autres marchandises.
Les raffineries russes sous pression
Une partie importante des tensions actuelles provient également de la Russie.
Plusieurs raffineries russes ont réduit ou interrompu leur production après des attaques de drones ukrainiens. Selon Reuters, plusieurs installations comptant parmi les plus importantes productrices de diesel en Russie ont été touchées.
La Russie a également imposé des restrictions sur certaines exportations de carburant afin de protéger son marché intérieur.
La diminution de l’offre russe contribue à accentuer une pénurie mondiale de diesel déjà alimentée par les difficultés d’approvisionnement provenant du Moyen-Orient.
Donald Trump demande la fin des attaques contre les installations énergétiques
Le président américain Donald Trump a demandé à l’Ukraine de mettre fin à ses attaques contre les raffineries russes, évoquant notamment leurs conséquences sur l’approvisionnement mondial en diesel.
Trump a également annoncé que la Russie et l’Ukraine s’étaient engagées à limiter les attaques contre leurs infrastructures énergétiques respectives.
Même si une diminution des frappes pourrait contribuer à détendre une partie du marché, plusieurs analystes estiment que cela ne suffirait probablement pas à régler rapidement le problème.
Les perturbations au Moyen-Orient demeurent actuellement un facteur majeur dans le resserrement de l’offre mondiale de diesel.
Le Moyen-Orient fait bondir le prix du pétrole
La situation énergétique s’est également détériorée au Moyen-Orient.
Les perturbations touchant les infrastructures et les routes d’exportation de pétrole de l’Arabie saoudite ont fait grimper considérablement les prix du brut.
Mardi, le Brent approchait les 110 $ US le baril, tandis que le West Texas Intermediate américain dépassait les 104 $.
L’interruption de certaines opérations liées à l’oléoduc est-ouest saoudien et au port de Yanbu a amplifié les inquiétudes concernant l’approvisionnement mondial.
Cet oléoduc joue un rôle stratégique puisqu’il permet d’acheminer du pétrole vers la mer Rouge en contournant le détroit d’Ormuz.
Une situation politiquement délicate pour Donald Trump
La flambée des prix du carburant devient également un enjeu politique important aux États-Unis.
Donald Trump a régulièrement affirmé vouloir réduire les coûts de l’énergie et les prix à la pompe. Or, le diesel se retrouve maintenant à son plus haut niveau jamais enregistré alors que les élections américaines de mi-mandat de novembre approchent.
L’administration américaine examine différentes options afin d’augmenter l’offre de carburant, mais la possibilité de restreindre les exportations américaines de pétrole ou de produits raffinés demeure controversée.
Le secrétaire américain à l’Intérieur Doug Burgum a notamment indiqué qu’une interdiction des exportations pourrait avoir des conséquences indésirables et ne garantirait pas une baisse des prix pour les consommateurs américains.
Le camionnage pourrait continuer à ressentir la pression
La situation demeure particulièrement préoccupante pour l’industrie du transport.
Les stocks américains de diesel sont sous pression, tandis que les perturbations touchant simultanément la Russie, le Moyen-Orient et différentes routes d’approvisionnement mondiales limitent les possibilités de remplacement rapide.
Si le prix du pétrole et celui des produits raffinés demeurent élevés, les transporteurs pourraient continuer à faire face à des coûts de carburant exceptionnellement élevés au cours des prochaines semaines.
Pour les camionneurs et les entreprises canadiennes effectuant régulièrement des voyages aux États-Unis, cette nouvelle réalité devra également être prise en considération dans le calcul des coûts d’exploitation et des surcharges de carburant.



