Québec resserre les règles pour les chauffeurs ontariens : l’ARPQ estime que le véritable problème dépasse le permis de conduire
- il y a 5 heures
- 2 min de lecture

L’Association des routiers professionnels du Québec (ARPQ) accueille favorablement les nouvelles mesures annoncées par le ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette, visant les titulaires d’un permis de classe 1 de l’Ontario. Toutefois, l’organisation estime que les changements annoncés ne règlent qu’une partie du problème et réclame une approche beaucoup plus large.

Depuis le 9 juillet, tout conducteur ontarien possédant moins de deux ans d’expérience qui souhaite s’établir au Québec devra désormais réussir un examen pratique de la SAAQ avant d’obtenir un permis québécois. Après deux échecs, il devra suivre la formation obligatoire de classe 1 instaurée au Québec en décembre 2025.
Le gouvernement a également annoncé la création d’un groupe de travail sur les travailleurs étrangers temporaires détenant un permis obtenu à l’étranger.
L’ARPQ appuie les mesures, mais demande d’aller plus loin
Selon l’Association des routiers professionnels du Québec, ces nouvelles exigences constituent un pas dans la bonne direction, mais elles ne s’attaquent pas au cœur du problème.
L’organisme estime que la question ne concerne pas uniquement le permis de conduire, mais également le droit légal de travailler au Canada ainsi que les compétences réelles des conducteurs.
L’ARPQ affirme que plusieurs chauffeurs exerceraient actuellement leurs activités illégalement en utilisant une incorporation comme façade.
Selon l’association, le véritable enjeu n’est pas l’incorporation en soi, mais plutôt le respect des lois du travail et la vérification des qualifications des conducteurs.
Une incohérence soulevée
L’ARPQ soulève également une question importante concernant l’application des nouvelles règles.
Si un conducteur doit désormais démontrer ses compétences et suivre une formation québécoise pour obtenir un permis après son établissement au Québec, pourquoi les autorités continuent-elles d’accepter la validité de ce même permis lorsqu’il s’agit simplement d’effectuer des livraisons au Québec?
Selon l’association, cette distinction mérite d’être examinée afin d’assurer une application cohérente des exigences de sécurité.
Le Bloc Québécois avait demandé une suspension
L’ARPQ rappelle également que le Bloc Québécois avait demandé la suspension temporaire de la délivrance des permis dans certaines écoles de conduite de l’Ontario, le temps que la situation soit clarifiée.
Cette demande n’avait toutefois pas obtenu l’appui de certaines associations de l’industrie.
Plus d’inspections sur le terrain
Compte tenu du nombre d’accidents impliquant des chauffeurs visés par ces préoccupations, l’Association des routiers professionnels du Québec demande un renforcement des contrôles routiers.
L’organisme estime que les postes de pesée devraient demeurer ouverts à temps plein et disposer de tous les outils nécessaires afin de vérifier la conformité des conducteurs et des entreprises, jusqu’à ce que la situation soit pleinement maîtrisée.
Selon l’ARPQ, une meilleure application des lois sur le terrain demeure essentielle pour assurer la sécurité du réseau routier et maintenir des conditions de concurrence équitables dans l’industrie du camionnage.




