VIA Rail : Ottawa investit 4,7 milliards $ pour 313 nouvelles voitures fabriquées au Canada

Le gouvernement fédéral annonce le plus important investissement de l’histoire de VIA Rail. Plus de 4,7 milliards de dollars seront consacrés à l’acquisition et à l’entretien de 313 nouvelles voitures voyageurs d’Alstom Canada, qui seront fabriquées à Thunder Bay, en Ontario, et à La Pocatière, au Québec.
Le premier ministre Mark Carney a présenté cette annonce le 3 septembre 2026 à Thunder Bay. Pour la première fois en environ 40 ans, des voitures voyageurs destinées à VIA Rail seront de nouveau construites au Canada. Les travaux de conception et d’ingénierie seront quant à eux réalisés à Saint-Bruno-de-Montarville, au Québec.
Un investissement de 4,7 milliards $ dans 313 voitures voyageurs
Le gouvernement fédéral consacrera plus de 4,7 milliards de dollars à l’acquisition et à l’entretien de 313 nouvelles voitures voyageurs produites par Alstom Canada.
Selon Ottawa, il s’agit du plus grand investissement jamais réalisé dans l’histoire de VIA Rail et du plus important projet de modernisation du transport ferroviaire interurbain de voyageurs au Canada depuis une génération.
Les nouvelles voitures comprendront plusieurs configurations, notamment :
des voitures-restaurants;
des voitures panoramiques;
des voitures-lits;
des voitures équipées d’aménagements plus modernes et accessibles.
Le gouvernement promet également une fiabilité accrue pour cette nouvelle flotte.
La Pocatière et Saint-Bruno directement impliquées au Québec
Le Québec occupera une place importante dans ce projet. Une partie de la fabrication sera effectuée dans les installations d’Alstom à La Pocatière, tandis que les activités de conception et d’ingénierie seront réalisées à Saint-Bruno-de-Montarville.
Thunder Bay, en Ontario, participera également directement à la fabrication des voitures.
L’investissement devrait soutenir la création de près de 700 emplois en Ontario et au Québec et produire plus de 1,6 milliard de dollars de retombées économiques.
Plus de 900 fournisseurs canadiens dans la chaîne d’approvisionnement
L’annonce s’inscrit dans la politique fédérale « Achetez canadien ».
Alstom prévoit s’appuyer sur son réseau de plus de 900 fournisseurs canadiens pour réaliser le contrat.
Le gouvernement souhaite également maximiser l’utilisation d’acier canadien dans différents éléments des voitures, notamment les structures, les pièces métalliques usinées et différents supports.
Cette dimension industrielle pourrait générer des retombées bien au-delà des seules usines d’assemblage, particulièrement dans les secteurs de la fabrication, de la métallurgie, de l’ingénierie, du transport de marchandises et de la logistique.
Une flotte vieillissante, parfois âgée de plus de 70 ans
Le renouvellement est devenu nécessaire pour VIA Rail.
Une partie du matériel ferroviaire utilisé sur les liaisons longue distance, régionales et éloignées approche de la fin de sa vie utile, et certains équipements ont plus de 70 ans.
La nouvelle flotte doit permettre à VIA Rail d’améliorer la sécurité, la fiabilité et le confort offert aux voyageurs.
Elle desservira les huit liaisons longue distance, régionales et éloignées de VIA Rail situées à l’extérieur du corridor Québec–Windsor. Ces services couvrent huit provinces et jouent notamment un rôle important auprès de communautés autochtones, rurales et éloignées.
En 2025, plus de 216 000 passagers ont utilisé les services de VIA Rail situés à l’extérieur du corridor Québec–Windsor.
Plus de 6,6 milliards $ pour renouveler le parc hors corridor
Le contrat de 4,7 milliards de dollars annoncé jeudi s’ajoute à d’autres investissements récents.
Ottawa avait déjà annoncé 1,6 milliard de dollars pour la production de 45 nouvelles locomotives voyageurs par Stadler.
Un maximum de 36 de ces locomotives doivent être assemblées au Canada.
Le gouvernement investit également 357 millions de dollars pour permettre à VIA Rail de construire une nouvelle installation d’assemblage et de maintenance à Montréal.
Cette installation, construite par Pomerleau, servira notamment à l’assemblage canadien des nouvelles locomotives et à leur maintenance à long terme.
En incluant ces projets, le gouvernement fédéral prévoit désormais investir plus de 6,6 milliards de dollars dans le renouvellement du matériel roulant utilisé par VIA Rail sur ses liaisons longue distance, régionales et éloignées.
Un important contrat industriel pour le secteur du transport
Au-delà du transport des passagers, l’annonce représente également un important contrat manufacturier canadien.
La fabrication de 313 voitures ferroviaires nécessitera une chaîne d’approvisionnement importante pour les pièces, l’acier, les systèmes mécaniques, les équipements électriques et électroniques ainsi que pour la logistique nécessaire entre les différentes installations.
Pour le secteur du transport et de la logistique, un projet de cette envergure signifie potentiellement d’importants mouvements de composantes et de matières premières entre les fournisseurs canadiens, les usines d’Alstom et les différents centres de VIA Rail.
Le gouvernement présente d’ailleurs cette stratégie comme un moyen de renforcer les chaînes d’approvisionnement canadiennes et de réduire la dépendance envers la production étrangère.
Une première en quatre décennies
L’un des éléments les plus symboliques de l’annonce demeure le retour de la fabrication des voitures voyageurs de VIA Rail au Canada.
Une grande partie du parc actuel avait été fabriquée aux États-Unis.
Avec ce nouveau contrat, le gouvernement souhaite désormais faire produire davantage de matériel ferroviaire à l’intérieur du pays et soutenir le savoir-faire canadien dans l’industrie ferroviaire.
Un projet important pour l’industrie québécoise
Pour le Québec, l’annonce touche particulièrement La Pocatière, Saint-Bruno-de-Montarville et Montréal.
La Pocatière participera à la fabrication des voitures, Saint-Bruno accueillera les activités d’ingénierie et de conception et Montréal recevra la nouvelle installation destinée aux locomotives et à leur entretien.
L’investissement fédéral pourrait donc générer des retombées dans plusieurs secteurs : fabrication ferroviaire, génie, construction, transport, entretien, métallurgie et chaîne d’approvisionnement.
Pour Ottawa, le projet est aussi une démonstration concrète de sa politique visant à favoriser davantage les achats et la fabrication au Canada.



