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Le BST conclut qu’un déraillement de VIA Rail à Saint-Alexandre-de-Kamouraska aurait pu être évité

  • il y a 1 jour
  • 3 min de lecture

Source : BST


Le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a rendu public son rapport d’enquête sur le déraillement du train VIA Rail no 14, survenu le 12 janvier 2026 à Saint-Alexandre-de-Kamouraska, au Bas-Saint-Laurent. L’enquête conclut que l’accident, qui a entraîné le déraillement de plusieurs voitures, aurait pu être évité si les camions impliqués n’avaient pas empiété sur la voie ferrée.



Une collision avec deux camions semi-remorques


Vers 1 h 26, le train de VIA Rail circulait en direction est sur la subdivision Montmagny du Canadien National (CN) lorsqu’il est entré en collision avec deux tracteurs semi-remorques stationnés trop près de la voie ferrée.


Sous la force de l’impact, les deux locomotives et quatre voitures de passagers ont déraillé, tout en demeurant à la verticale. Le réservoir de carburant de la locomotive de tête a été perforé, provoquant le déversement de plus de 10 800 litres de diesel. Heureusement, aucun des passagers, membres de l’équipage ou conducteurs des camions n’a été blessé.


Quatre camionneurs impliqués


Le rapport révèle que chaque camion comptait deux conducteurs à bord, pour un total de quatre camionneurs. Tous détenaient un permis de conduire valide de l’Ontario.


Les enquêteurs indiquent que les conducteurs possédaient entre six mois et six ans d’expériencedans le transport routier. Ils se rendaient pour la première fois à cette installation.


Après avoir stationné leurs véhicules, aucun des quatre conducteurs n’est descendu pour vérifier si les camions empiétaient sur la voie ferrée, un geste pourtant essentiel dans ce type d’environnement.


Un stationnement qui semblait sécuritaire


Le BST précise que le secteur de stationnement était bien éclairé, complètement déneigé et que plusieurs remorques de 53 pieds, sans tracteur, étaient déjà stationnées sur place.


À son arrivée, le premier camion s’est immobilisé parallèlement à la remorque située le plus à l’est. Environ une heure plus tard, le deuxième camion s’est stationné de la même façon, directement à côté du premier.


Les conducteurs ont vraisemblablement reproduit le positionnement des véhicules déjà présents, sans réaliser que leurs camions dépassaient dans l’emprise ferroviaire.


Un avertissement avait déjà été lancé


Le rapport révèle également qu’en juillet 2025, soit environ six mois avant l’accident, le Canadien National avait déjà signalé à Aliments Asta que des camions semi-remorques empiétaient régulièrement sur la voie ferrée à cet endroit.


À la suite de cet avis, l’entreprise avait sensibilisé ses clients faisant appel à des transporteurs sous-traitants afin d’éviter que la situation ne se reproduise.


Malgré cette intervention, aucune mesure physique permanente n’avait alors été installée pour empêcher les véhicules de stationner trop près de la voie.


Des barrières installées après l’accident


À la suite du déraillement de janvier 2026, des blocs de béton et des barrières physiques ont été installés afin d’empêcher les camions d’empiéter sur l’emprise ferroviaire.


Selon le BST, ces mesures constituent une protection supplémentaire qui réduit considérablement les risques qu’un événement similaire survienne de nouveau.


Un problème déjà observé ailleurs au Canada


Le Bureau rappelle que depuis 2010, il a recensé cinq événements au Canada où des trains circulant sur une voie principale sont entrés en collision avec des camions semi-remorques stationnés qui empiétaient sur la voie ferrée.


Cette récurrence démontre qu’il ne s’agit pas d’un événement isolé, mais bien d’un risque connu dans certains sites industriels où les aires de stationnement sont situées à proximité des voies ferrées.


La conclusion du BST


Le BST rappelle que les conducteurs de véhicules lourds ont la responsabilité de vérifier que leur véhicule est stationné de façon sécuritaire avant de quitter leur cabine.


Le Bureau souligne toutefois que la sécurité ne doit pas reposer uniquement sur le comportement des conducteurs.


« Bien que les conducteurs de véhicules lourds devraient s’assurer systématiquement que leurs véhicules soient stationnés de façon sécuritaire en tout temps, il est primordial que des mesures de protection physique efficaces soient prévues et mises en place là où cela est approprié de manière à prévenir l’empiètement de véhicules sur les voies ferrées », conclut le BST.


Même si cette enquête est classée de classe 4, donc à portée limitée, le rapport met en lumière l’importance d’aménager des infrastructures empêchant physiquement les véhicules d’empiéter sur les voies ferrées, particulièrement dans les zones de chargement et de stationnement utilisées par des transporteurs.

 
 
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