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États-Unis : le prix du diesel atteint un record historique et frappe de plein fouet le camionnage

6 sept.
6 min de lecture
Source: Gas buddy
Source: Gas buddy

Le prix du diesel aux États-Unis vient de franchir un sommet historique, ajoutant une nouvelle pression considérable sur les transporteurs routiers, les chauffeurs propriétaires et l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement nord-américaine.


Selon les données publiées par AAA le vendredi 4 septembre 2026, le prix moyen national du diesel a atteint 5,85 $ US le gallon, dépassant officiellement l’ancien record établi en juin 2022. AAA indique maintenant le 4 septembre 2026 comme la journée où son plus haut prix moyen national jamais enregistré pour le diesel a été atteint.


La hausse est particulièrement brutale lorsqu’on regarde l’évolution récente des prix. Le diesel coûtait en moyenne 5,61 $ US le gallon une semaine auparavant, 5,37 $ un mois auparavant et seulement 3,71 $ à la même période l’an dernier.


Pour l’industrie du camionnage, cette explosion du prix du carburant représente bien davantage qu’un simple changement à la pompe.


Une hausse de plus de 2 $ US le gallon en un an


Selon AAA, le diesel affichait une moyenne nationale de 3,7121 $ US le gallon le 4 septembre 2025.


Un an plus tard, il se vend maintenant en moyenne 5,85 $.


Cela représente une augmentation d’environ 2,14 $ US par gallon, soit près de 58 % en seulement un an.


Pour un camion lourd consommant plusieurs milliers de gallons de diesel chaque mois, l’impact peut rapidement se traduire par des milliers de dollars supplémentaires en dépenses de carburant.


Les chauffeurs propriétaires et les petites flottes sont particulièrement exposés lorsqu’ils doivent absorber une partie de cette augmentation avant que les mécanismes de surcharge carburant soient ajustés.


Les données de l’EIA confirmaient déjà une pression exceptionnelle


Les données hebdomadaires de l’U.S. Energy Information Administration (EIA) démontraient déjà à quel point le marché du diesel était sous tension à la fin août.


Pour la semaine du 31 août, l’EIA évaluait le prix moyen du diesel routier aux États-Unis à 5,599 $ US le gallon, comparativement à 3,734 $ environ un an plus tôt, soit une hausse annuelle de 1,865 $ le gallon.


Il faut toutefois distinguer les chiffres de l’EIA de ceux de AAA.


L’EIA publie une enquête hebdomadaire réalisée auprès d’un échantillon de stations-service et de truck stops, alors que AAA fournit une mesure quotidienne des prix de détail. C’est donc la donnée quotidienne de AAA qui a franchi la barre record des 5,85 $ US le gallon le 4 septembre.


La Californie dépasse maintenant les 7 $ le gallon


Les différences régionales sont également énormes.


Dans les données hebdomadaires de l’EIA au 31 août, le diesel atteignait déjà :

  • 7,218 $ US le gallon en Californie

  • 6,497 $ sur la côte Ouest

  • 5,872 $ sur la côte Ouest excluant la Californie

  • 5,838 $ dans la région Mid-Atlantic

  • 5,736 $ en Nouvelle-Angleterre

  • 5,571 $ dans le Midwest

  • 5,360 $ sur la côte du Golfe


La Californie enregistrait donc une hausse de 2,304 $ US par gallon sur un an, selon l’EIA.


Pour les transporteurs effectuant de longues routes américaines, le lieu choisi pour effectuer le plein devient ainsi encore plus important dans la gestion quotidienne des coûts.


Les tensions entre les États-Unis et l’Iran alimentent la flambée


Cette poussée du diesel se produit dans un contexte énergétique mondial particulièrement instable.


Reuters rapporte que le pétrole a terminé la semaine du 4 septembre fortement en hausse après une reprise des échanges militaires entre les États-Unis et l’Iran. Le Brent a terminé vendredi à 92,68 $ US le baril, tandis que le West Texas Intermediate a clôturé à 91,48 $ US. Sur l’ensemble de la semaine, le Brent a progressé de 7,6 % et le brut américain de près de 10 %.


Les perturbations touchant les routes d’approvisionnement du Moyen-Orient demeurent au cœur des préoccupations.


Le trafic maritime passant par le détroit d’Ormuz reste perturbé, alors que ce corridor constitue l’un des passages énergétiques les plus importants de la planète. Reuters indique également que les attaques ukrainiennes contre certaines raffineries russes accentuent les inquiétudes entourant l’approvisionnement mondial en produits raffinés, notamment le diesel.


Le diesel est sous une pression encore plus forte que le pétrole brut


Une particularité importante de la situation actuelle est que la hausse ne concerne pas uniquement le pétrole brut.


Le marché des distillats moyens, dont fait partie le diesel, est particulièrement serré.


Reuters rapporte que les inventaires réduits pourraient continuer de soutenir les prix, alors que la demande saisonnière provenant notamment du secteur agricole américain pourrait également augmenter avec les récoltes et différents travaux agricoles.


Le diesel demeure indispensable non seulement au camionnage, mais également à l’agriculture, à la construction, au transport ferroviaire, à certaines activités industrielles et à de nombreux équipements lourds.


Une pénurie ou une forte hausse du prix du diesel peut donc rapidement se propager à plusieurs secteurs de l’économie.


Camionnage : un plein coûte maintenant beaucoup plus cher


Prenons l’exemple d’un tracteur routier nécessitant 150 gallons pour effectuer un plein important.


À 3,71 $ US le gallon, le coût serait d’environ :

557 $ US

À 5,85 $ US le gallon :

878 $ US

La différence approche donc 321 $ US pour un seul plein.


Pour un camion parcourant plusieurs milliers de kilomètres chaque semaine, l’impact devient rapidement considérable.


Pour une flotte comptant 10, 50 ou 100 camions, quelques dizaines de cents supplémentaires par gallon peuvent représenter des sommes énormes sur une année.


Les surcharges carburant deviennent cruciales


Les transporteurs qui travaillent sous contrat disposent généralement de mécanismes permettant d’ajuster les surcharges carburant lorsque le prix du diesel augmente.


Cependant, ces mécanismes ne protègent pas nécessairement complètement les entreprises contre des variations rapides.


Il peut exister un délai entre la hausse observée à la pompe et l’ajustement de la surcharge facturée aux clients.


Pour les chauffeurs propriétaires, les petites entreprises et certains transporteurs actifs sur le marché spot, une hausse aussi rapide peut donc directement réduire les marges bénéficiaires.

Dans un marché où les coûts d’équipement, d’assurance, d’entretien et de financement demeurent déjà élevés, le carburant devient une pression supplémentaire.


Les transporteurs canadiens qui roulent aux États-Unis également touchés


Même s’il s’agit ici de données américaines exprimées en dollars américains par gallon, les entreprises canadiennes effectuant du transport transfrontalier ne sont évidemment pas à l’abri.

Un transporteur québécois effectuant régulièrement des voyages vers la côte Est, le Midwest, le Texas ou la Californie doit acheter une partie importante de son carburant aux États-Unis.


Les entreprises devront donc surveiller attentivement :

  • leurs programmes de surcharge carburant;

  • les endroits où leurs chauffeurs effectuent leurs pleins;

  • leur consommation moyenne par camion;

  • leurs ententes avec les réseaux de truck stops;

  • leurs cartes et programmes de rabais carburant;

  • le coût réel de chaque route;

  • et la rentabilité de certains contrats longue distance.


Dans un contexte de prix extrêmement volatils, quelques décisions concernant l’achat du carburant peuvent représenter des différences importantes sur les dépenses mensuelles d’une flotte.


Une pression possible sur les taux de transport


À court terme, cette hausse pourrait également contribuer à exercer une pression sur les taux de transport.


Lorsqu’un coût aussi important que le carburant augmente rapidement, les transporteurs cherchent généralement à transférer une partie de cette dépense supplémentaire aux expéditeurs par l’intermédiaire des surcharges carburant ou lors de nouvelles négociations tarifaires.


Les entreprises ayant peu de pouvoir de négociation pourraient toutefois se retrouver coincées entre des coûts d’exploitation en forte hausse et des tarifs de transport qui ne progressent pas aussi rapidement.


Cette situation est particulièrement préoccupante pour les chauffeurs propriétaires et les petites entreprises.


Une situation qui pourrait encore évoluer rapidement


Le marché énergétique demeure extrêmement volatil.


Reuters souligne que les analystes continuent notamment de surveiller le rétablissement des flux pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Certaines prévisions concernant le prix du Brent ont d’ailleurs été relevées en raison des incertitudes entourant la rapidité avec laquelle les approvisionnements pourraient revenir à la normale.


Même si le pétrole brut devait reculer, cela ne signifie donc pas nécessairement que le prix du diesel redescendra immédiatement.


Les stocks de produits raffinés, la capacité des raffineries, la demande intérieure et internationale ainsi que les perturbations géopolitiques continueront d’influencer directement le prix payé à la pompe.


Un nouveau défi majeur pour l’industrie du camionnage


Le passage du diesel à 5,85 $ US le gallon constitue un nouveau signal d’alarme pour l’industrie américaine du camionnage.


Les transporteurs avaient déjà dû composer avec des coûts élevés d’équipement, d’assurance, d’entretien, de financement et de main-d’œuvre. Le retour d’un diesel à des niveaux records ajoute maintenant une pression considérable sur les coûts d’exploitation.


Pour les entreprises canadiennes qui desservent les États-Unis, la situation devra également être suivie de très près.


Une chose est certaine : avec le diesel maintenant à un sommet historique selon AAA, la gestion du carburant redevient l’un des enjeux financiers les plus importants du camionnage nord-américain.


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