QSL dévoile un projet de terminal international de conteneurs de 145 M$ au Port de Québec

Un important projet logistique pourrait transformer davantage le rôle du Port de Québec dans le transport international de marchandises. QSL a dévoilé, le 24 septembre 2026, son projet d’aménagement d’un terminal international de conteneurs dans le secteur Beauport, un investissement privé estimé à 145 millions de dollars.

À terme, le terminal pourrait manutentionner jusqu’à 200 000 EVP — équivalents vingt pieds — par année, avec une capacité initiale prévue de 40 000 EVP lors de sa mise en service.
Un nouveau maillon pour la chaîne d’approvisionnement
Selon QSL, le projet vise notamment à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement du Québec et du Canada, à offrir de nouvelles possibilités aux importateurs et exportateurs et à accroître le rôle stratégique du corridor maritime du Saint-Laurent.
Le terminal serait aménagé à même les installations déjà exploitées par QSL dans le secteur Beauport. L’entreprise précise que le projet ne nécessiterait aucun empiétement sur le fleuve Saint-Laurent ni travaux en milieu marin.
Le Port de Québec dispose notamment d’une profondeur d’eau de 15 mètres, d’une connexion au réseau ferroviaire du CN et d’un accès relativement rapproché aux grands axes routiers, des caractéristiques que QSL souhaite mettre à profit avec son nouveau terminal.
80 % des conteneurs seraient transportés par train
Pour l’industrie du camionnage, l’un des éléments les plus intéressants du projet concerne la répartition des mouvements de marchandises.
QSL prévoit qu’environ 80 % des volumes manutentionnés seraient transportés par rail. L’objectif affiché est notamment de diminuer la portion de transport routier longue distance en favorisant une meilleure intégration entre le maritime, le ferroviaire et le camionnage.
Cela ne signifie toutefois pas l’absence de camions autour du terminal. Le transport routier demeurerait nécessaire pour plusieurs mouvements de premier et de dernier kilomètre, notamment entre le terminal, les entrepôts, centres de distribution, industries et différents clients de la région.
Le développement du terminal pourrait ainsi modifier les flux de marchandises dans la Capitale-Nationale et créer de nouvelles activités liées au transport intermodal.
Jusqu’à 200 000 conteneurs EVP annuellement
À pleine capacité, le terminal pourrait atteindre 200 000 EVP par année, comparativement à environ 40 000 EVP lors de son démarrage.
L’EVP est l’unité généralement utilisée dans le transport maritime pour mesurer la capacité des conteneurs. Un EVP correspond approximativement à un conteneur de 20 pieds.
Cette nouvelle capacité donnerait au Port de Québec une place supplémentaire dans le réseau canadien de transport conteneurisé et pourrait offrir une nouvelle porte d’entrée ou de sortie pour certaines marchandises destinées au Québec, au Canada et aux marchés internationaux.
Des retombées économiques évaluées à 1,7 milliard de dollars
Selon les estimations présentées par QSL, le projet pourrait générer 1,7 milliard de dollars en valeur ajoutée dans la Capitale-Nationale d’ici 2050.
L’entreprise avance également que le terminal permettrait de soutenir annuellement 458 emplois au Canada, dont 365 dans la région de la Capitale-Nationale.
L’investissement privé total est évalué à environ 145 millions de dollars.
QSL prévoit une réduction de 25 800 tonnes de GES par année
L’utilisation importante du transport ferroviaire constitue aussi un élément central de la stratégie environnementale du projet.
QSL estime que la combinaison des différents modes de transport et la réduction de certains déplacements routiers longue distance pourraient entraîner une baisse annuelle d’environ 25 800 tonnes de CO₂, ce que l’entreprise compare au retrait d’environ 9 000 voitures de la circulation.
Le projet prévoit également plusieurs mesures visant à limiter ses impacts, notamment des zones tampons végétalisées, une butte-écran ainsi qu’une gestion particulière des eaux pluviales et des sols.
Des études supplémentaires doivent notamment porter sur la circulation locale, le bruit provenant des activités ferroviaires et la dispersion atmosphérique.
Le projet entre maintenant dans une nouvelle étape
QSL a obtenu un avis de recevabilité pour son avis de projet et amorce maintenant le Processus d’évaluation et d’atténuation des impacts (PEAI) de l’Administration portuaire de Québec.
Les prochaines étapes comprennent notamment une Étude des effets environnementaux, des échanges supplémentaires avec les parties prenantes ainsi que des consultations publiques.
Le projet pourrait donc encore évoluer avant sa réalisation définitive.
Un projet à surveiller pour l’industrie du camionnage
Même si QSL mise fortement sur le ferroviaire pour transporter la majorité des conteneurs, l’arrivée d’un nouveau terminal international à Québec pourrait avoir des répercussions importantes sur l’ensemble du réseau logistique régional.
Les transporteurs routiers pourraient notamment être appelés à assurer une partie importante des déplacements de courte et moyenne distance entre le port, les terminaux ferroviaires, les entrepôts, les entreprises et les centres de distribution.
Avec une capacité éventuelle de 200 000 EVP par année, le projet représente donc bien plus qu’un investissement portuaire : il pourrait devenir un nouveau maillon de la chaîne logistique québécoise et canadienne.
Source : QSL, 24 septembre 2026.



