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Travail forcé dans le camionnage : la CTA réclame un renforcement des contrôles au Canada

  • il y a 56 minutes
  • 2 min de lecture
Source: CTA
Source: CTA

La Canadian Trucking Alliance (CTA) presse le gouvernement fédéral d’intensifier ses efforts pour lutter contre le travail forcé, l’exploitation des travailleurs et le vol de salaire dans l’industrie canadienne du camionnage.



Dans le cadre de récentes consultations fédérales portant sur le travail forcé dans les chaînes d’approvisionnement internationales, l’organisation a soutenu que ces pratiques illégales ont également des conséquences importantes directement au Canada. Elle réclame notamment une application plus rigoureuse des règles liées à l’immigration et à l’emploi.


Des réseaux organisés qui dépasseraient les frontières


Selon la CTA, certains cas de travail forcé dans le transport routier impliqueraient des réseaux transnationaux pouvant relier des représentants en immigration, des écoles de conduite et des entreprises de camionnage, autant au Canada qu’à l’étranger.


L’Alliance estime que les travailleurs étrangers temporaires ainsi que les personnes provenant d’autres programmes d’immigration peuvent être particulièrement vulnérables lorsqu’ils travaillent dans le camionnage canadien ou transfrontalier.


La CTA rapporte notamment que certains travailleurs seraient rémunérés aussi peu que 22 à 24 cents par mille, soit environ le tiers des taux généralement observés sur le marché et, selon l’organisation, bien en dessous du salaire minimum lorsqu’on considère les heures réellement travaillées.


Menaces, contrôle et représailles


La CTA affirme également que certains travailleurs peuvent être maintenus dans une situation d’exploitation par différentes formes de contrôle, notamment des menaces et des représailles.


L’organisation soutient que ces pratiques peuvent générer des profits illégitimes considérables pour les entreprises ou individus qui en bénéficient, tout en créant une concurrence déloyale envers les transporteurs qui respectent leurs obligations fiscales, salariales et réglementaires.


Le vol de salaire également dans la mire


Pour la CTA, la lutte contre le travail forcé ne devrait pas se limiter aux situations les plus extrêmes.


L’organisation demande également au gouvernement de s’attaquer au vol de salaire, à la mauvaise classification des travailleurs ainsi qu’aux modèles permettant de contourner les obligations liées à la paie, aux taxes et aux normes du travail.


Elle souhaite aussi une surveillance accrue de certains mécanismes d’immigration lorsqu’ils peuvent contribuer à rendre des chauffeurs commerciaux plus vulnérables à l’exploitation.


Un programme pour mieux identifier les employeurs conformes


Parmi les solutions proposées, la CTA souhaite que le gouvernement fédéral aille de l’avant avec un solide Known Employer Program, ou programme d’employeurs reconnus.


L’objectif serait notamment d’améliorer la surveillance des pratiques d’emploi et d’immigration tout en permettant de mieux distinguer les entreprises responsables des acteurs qui contournent les règles.


La CTA insiste d’ailleurs sur un élément important : les mesures d’application de la loi devraient cibler les responsables des infractions plutôt que pénaliser les travailleurs vulnérables ou les entreprises légitimes qui respectent les règles.


Une question de protection des travailleurs… et de concurrence


Pour l’industrie du transport, le dossier dépasse donc largement la seule question de l’immigration.


La CTA considère que l’exploitation de chauffeurs à très faible salaire peut également désavantager directement les transporteurs conformes, qui doivent assumer leurs responsabilités en matière de rémunération, de fiscalité et de normes du travail.


L’Alliance affirme qu’elle poursuivra son travail auprès des gouvernements et des différents intervenants afin de combattre les pratiques de travail forcé dans l’industrie canadienne du camionnage.




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