Camions autonomes : Torc Robotics rejoint Auto-ISAC pour renforcer la cybersécurité des véhicules connectés
- il y a 2 jours
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La cybersécurité devient un enjeu incontournable dans la course au camion autonome. Torc Robotics, filiale indépendante de Daimler Truck spécialisée dans la conduite autonome, annonce son adhésion à l’Automotive Information Sharing and Analysis Center (Auto-ISAC), une importante organisation internationale consacrée au partage de renseignements sur les cybermenaces dans l’industrie automobile.
Cette collaboration permettra à Torc de travailler directement avec des constructeurs automobiles, équipementiers, fournisseurs technologiques et organisations du secteur des véhicules commerciaux afin d’échanger des informations sur les cybermenaces et de développer de meilleures pratiques de sécurité.
Pour Torc, l’objectif est clair : s’assurer que la cybersécurité évolue au même rythme que ses technologies de conduite autonome alors que l’entreprise travaille à commercialiser ses camions autonomes de longue distance aux États-Unis.
La cybersécurité devient essentielle pour les camions autonomes
Plus un camion devient automatisé et connecté, plus la protection de ses systèmes informatiques devient importante.
Les véhicules autonomes reposent sur une combinaison complexe de logiciels, capteurs, systèmes informatiques, communications et technologies permettant au véhicule de percevoir son environnement et de prendre des décisions.
La cybersécurité ne peut donc plus être considérée comme une fonctionnalité ajoutée après le développement du véhicule.
Elle doit être intégrée dès sa conception.
C’est précisément l’approche défendue par Torc Robotics.
Mike Westra, directeur principal de la cybersécurité des produits chez Torc, explique que la sécurité informatique doit être intégrée au produit dès les premières étapes de sa conception.
Alors que Torc prépare la commercialisation et éventuellement le déploiement à grande échelle de ses technologies autonomes, sa participation à Auto-ISAC doit lui permettre de renforcer cette approche en collaboration avec l’ensemble de l’industrie.
Qu’est-ce que l’Auto-ISAC?
L’Automotive Information Sharing and Analysis Center a été créé en 2015 par des constructeurs automobiles afin de mettre sur pied une communauté mondiale consacrée à la cybersécurité automobile.
Son rôle consiste notamment à permettre aux membres de partager, suivre et analyser des renseignements concernant les nouvelles menaces informatiques.
Auto-ISAC fournit un environnement où les entreprises peuvent notamment :
partager rapidement des renseignements sur les cybermenaces;
développer de meilleures pratiques en matière de cybersécurité;
travailler ensemble sur les vulnérabilités émergentes;
coordonner certaines réponses face aux nouvelles menaces;
élaborer des recommandations pour les véhicules connectés et autonomes.
L’organisation affirme que ses membres représentent aujourd’hui plus de 99 % des véhicules légers circulant en Amérique du Nord.
Son réseau ne se limite toutefois plus aux automobiles.
Il comprend également des acteurs provenant du secteur des véhicules lourds, des flottes commerciales, des transporteurs et des fournisseurs.
Torc partagera des renseignements sur les cybermenaces
En rejoignant Auto-ISAC, Torc participera à différents groupes de travail et collaborera avec d’autres entreprises de l’industrie.
Le partage de renseignements constitue un élément particulièrement important de cette stratégie.
Lorsqu’une entreprise découvre une nouvelle méthode d’attaque, une vulnérabilité ou un comportement informatique suspect, cette information peut potentiellement être utile à d’autres acteurs utilisant des technologies similaires.
Dans une industrie aussi complexe que celle du véhicule autonome, aucune entreprise ne peut nécessairement identifier seule toutes les menaces possibles.
C’est justement l’une des raisons d’être d’Auto-ISAC.
« Aucune organisation ne peut garder une longueur d’avance seule »
Faye Francy, directrice générale d’Auto-ISAC, souligne que le paysage des cybermenaces évolue constamment.
Selon elle, aucune organisation ne peut rester seule devant toutes les nouvelles menaces.
L’arrivée de Torc doit ainsi contribuer à renforcer une communauté industrielle consacrée au partage de renseignements et au développement de meilleures pratiques permettant éventuellement le déploiement sécuritaire de véhicules commerciaux autonomes.
La collaboration devient particulièrement importante lorsque les technologies concernées contrôlent des véhicules lourds circulant sur les autoroutes.
Un camion de classe 8 autonome pose des défis particuliers
Les conséquences potentielles d’une vulnérabilité informatique prennent une dimension différente lorsqu’on parle d’un camion lourd.
Un camion autonome de classe 8 doit pouvoir contrôler plusieurs fonctions critiques liées à la conduite.
Accélération, freinage, direction, perception de l’environnement et prise de décision doivent fonctionner de façon sécuritaire et prévisible.
À cela s’ajoutent les différentes communications entre les systèmes du véhicule et l’écosystème technologique entourant les opérations.
La cybersécurité devient donc intimement liée à la sécurité fonctionnelle du véhicule.
L’objectif n’est pas uniquement de protéger des données.
Il s’agit également de protéger l’intégrité des systèmes qui permettent au camion de fonctionner.
Une menace qui évolue pendant toute la vie du camion
La sécurité informatique présente également une différence fondamentale avec plusieurs problèmes mécaniques traditionnels.
Une pièce mécanique possède généralement des caractéristiques relativement stables.
Une cybermenace, elle, peut apparaître après la mise en service du véhicule.
Une nouvelle vulnérabilité peut être découverte.
Une nouvelle méthode d’attaque peut être développée.
Un logiciel auparavant considéré sécuritaire peut nécessiter une mise à jour.
C’est pourquoi Torc insiste sur la nécessité de considérer les menaces informatiques pendant
l’ensemble du cycle de vie du produit.
Un camion autonome commercialisé aujourd’hui devra encore être capable de résister aux cybermenaces qui apparaîtront plusieurs années plus tard.
Sécurité, fiabilité et cybersécurité doivent avancer ensemble
Mike Avitabile, directeur de l’ingénierie chez Torc, rappelle que commercialiser des camions autonomes à grande échelle nécessite une discipline importante dans plusieurs domaines.
La sécurité, la cybersécurité, la fiabilité et les opérations doivent progresser simultanément.
L’adhésion à Auto-ISAC doit notamment permettre à Torc de s’assurer que son développement en matière de cybersécurité évolue parallèlement aux technologies autonomes elles-mêmes.
C’est un élément particulièrement important alors que l’industrie passe progressivement de prototypes expérimentaux à des véhicules destinés à de véritables opérations commerciales.
Torc vise le camionnage longue distance
Torc concentre actuellement ses efforts sur la commercialisation de technologies autonomes destinées au transport longue distance aux États-Unis.
L’entreprise travaille notamment sur une plateforme de camion autonome de niveau 4 SAE.
À ce niveau d’automatisation, le système peut effectuer la totalité de la tâche de conduite dans les conditions et zones pour lesquelles il a été conçu, sans nécessiter qu’un conducteur humain reprenne constamment le contrôle.
Torc développe sa technologie en collaboration avec Daimler Truck, une relation amorcée en 2019.
La plateforme utilisée pour son développement repose notamment sur le Freightliner Cascadia de classe 8.
Torc appartient à Daimler Truck
Torc Robotics est une filiale indépendante de Daimler Truck.
Cette relation est particulièrement importante dans la stratégie de commercialisation.
Contrairement à une approche consistant simplement à installer un système autonome sur un camion existant, Daimler Truck et Torc travaillent à l’intégration des technologies nécessaires directement dans une plateforme de camion destinée à l’autonomie.
L’objectif est éventuellement de pouvoir produire et exploiter ces véhicules à une échelle commerciale.
La cybersécurité devient donc une composante essentielle du processus d’ingénierie.
Une présence à Montréal
Torc possède son siège social à Blacksburg, en Virginie, ainsi que des installations d’ingénierie à Ann Arbor, au Michigan, et à Montréal.
L’entreprise exploite également des installations liées aux opérations de flotte dans la région de Dallas-Fort Worth au Texas.
Sa présence montréalaise est devenue encore plus intéressante en mai 2026 lorsque Torc a annoncé un partenariat stratégique avec Mila – Institut québécois d’intelligence artificielle.
Torc est ainsi devenue la première entreprise spécialisée dans le camionnage autonome à établir ce type de partenariat avec Mila.
Cette collaboration permet notamment à l’entreprise d’accéder à l’écosystème montréalais de recherche en intelligence artificielle et de travailler sur ce qu’elle décrit comme l’« IA physique ».
Intelligence artificielle et cybersécurité se rencontrent
Les deux annonces illustrent bien la complexité du développement des futurs camions autonomes.
D’un côté, Torc travaille avec Mila afin d’améliorer les capacités d’intelligence artificielle nécessaires à la perception, au raisonnement et à la conduite.
De l’autre, l’entreprise rejoint maintenant Auto-ISAC afin de renforcer la protection informatique entourant ces technologies.
Plus l’intelligence du véhicule augmente, plus l’architecture technologique devient complexe.
Et cette complexité doit être sécurisée.
Pour l’industrie du camionnage, l’arrivée de véhicules capables de conduire sans intervention humaine ne repose donc pas uniquement sur la capacité du système à reconnaître une voiture, maintenir sa voie ou effectuer un freinage d’urgence.
Il faut également démontrer que le système peut demeurer sécuritaire face à des menaces informatiques évolutives.
La cybersécurité pourrait devenir un élément majeur de la confiance envers l’autonomie
La commercialisation du camion autonome ne dépendra pas uniquement des performances techniques.
La confiance des transporteurs, assureurs, autorités réglementaires et du public jouera également un rôle déterminant.
Une importante cyberattaque impliquant un véhicule autonome pourrait avoir des conséquences dépassant largement l’entreprise directement concernée.
Elle pourrait affecter la perception de l’ensemble de la technologie.
Les entreprises développant ces systèmes ont donc intérêt à collaborer avant qu’un problème majeur survienne.
C’est précisément la philosophie derrière les organisations comme Auto-ISAC : partager certaines informations concernant les menaces plutôt que de laisser chaque entreprise travailler complètement isolément.
Le camion autonome devient aussi un enjeu de cybersécurité
Pendant des décennies, la sécurité d’un camion reposait principalement sur son état mécanique, son entretien et les décisions prises par son conducteur.
L’arrivée des véhicules connectés et autonomes ajoute maintenant une nouvelle dimension.
La sécurité informatique devient une composante de la sécurité routière.
À mesure que les camions autonomes se rapprochent d’une exploitation commerciale à grande échelle, la capacité de protéger leurs systèmes contre les intrusions, manipulations et nouvelles vulnérabilités deviendra aussi importante que la performance des capteurs ou des systèmes de freinage.
En rejoignant Auto-ISAC, Torc Robotics reconnaît directement cette réalité.
L’industrie travaille depuis plusieurs années à apprendre aux camions à conduire seuls.
Elle doit maintenant également s’assurer qu’ils peuvent le faire dans un environnement numérique où les menaces évoluent constamment.



