Un réseau criminel exploitait le camionnage commercial pour faire traverser la frontière à près de 1,7 tonne de drogue

Une importante enquête menée conjointement par les autorités canadiennes et américaines a permis de démanteler un vaste réseau de trafic de stupéfiants qui utilisait les chaînes de transport commercial pour déplacer des drogues entre le Canada et les États-Unis. Baptisée Projet Bay, l’opération a mené à la saisie de près de 1,7 tonne de substances illicites, dont la valeur sur le marché noir est estimée à plus de 139 millions de dollars.
Selon les enquêteurs, l’organisation criminelle fonctionnait selon un modèle comparable à celui d’un courtier en transport. Elle utilisait des contacts établis dans le secteur du camionnage afin de coordonner des expéditions dissimulées à l’intérieur de cargaisons commerciales légitimes. Les autorités soutiennent que certains chauffeurs impliqués étaient conscients de transporter des substances illicites.
L’enquête a été amorcée en janvier 2025 par le Service de police de Windsor avant d’être rapidement élargie avec la participation de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), de la Police provinciale de l’Ontario (OPP), ainsi que de plusieurs autres partenaires canadiens et américains, dont la Drug Enforcement Administration (DEA) et Homeland Security Investigations.
Des perquisitions dans plusieurs villes
Entre le 25 juin et le 20 juillet, les policiers ont exécuté 22 mandats de perquisition dans plusieurs municipalités de l’Ontario, notamment Windsor, Brampton, Markham, Caledon, LaSalle, Corunna et Kleinburg.
Les saisies comprennent notamment :
973 kg de cocaïne présumée;
660 kg de méthamphétamine présumée;
49 kg d’opium présumé;
230 comprimés d’oxycodone.
Les policiers ont également récupéré 17 armes à feu, dont un fusil antichar, des munitions, des chargeurs, des poings américains et un bâton télescopique.
À cela s’ajoutent environ 80 000 $ CA, 10 000 $ US, un véhicule, des bijoux de grande valeur, plusieurs compteuses d’argent, 43 téléphones cellulaires et six ordinateurs portables.
Plus d’une centaine d’accusations
Au total, 21 personnes font maintenant face à 104 chefs d’accusation en vertu du Code criminel du Canada et de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances.
Dix-neuf suspects ont déjà été arrêtés, tandis que deux autres font toujours l’objet de mandats d’arrestation.
L’Unité de confiscation des biens de la Police provinciale de l’Ontario poursuit maintenant ses démarches afin d’identifier et de saisir les biens qui pourraient provenir d’activités criminelles.
Une enquête qui se poursuit
Les autorités précisent que le Projet Bay est toujours en cours et cherchent encore à déterminer toute l’étendue du réseau ainsi que ses sources d’approvisionnement.
Cette affaire rappelle que les organisations criminelles cherchent constamment à exploiter les chaînes logistiques et le transport commercial pour déplacer des marchandises illicites. Les enquêteurs n’ont toutefois pas indiqué quelle proportion de l’industrie aurait pu être touchée ni fourni davantage de détails sur le mode opératoire utilisé afin de préserver l’intégrité de l’enquête.



