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PACCAR à Sainte-Thérèse : la guerre tarifaire s’invite dans la campagne électorale de Groulx

il y a 1 jour
3 min de lecture

Source: Marie-Claude Sarrazin, candidate pour le Parti Québécois dans Groulx


La situation de l’usine PACCAR de Sainte-Thérèse revient au cœur du débat politique dans la circonscription de Groulx. Marie-Claude Sarrazin, candidate du Parti Québécois, dit avoir rencontré la direction de l’usine ainsi que des représentants d’Unifor Québec afin de discuter des conséquences de la guerre tarifaire sur la production et les emplois.



Dans une publication diffusée mardi, la candidate affirme que les effectifs de l’usine sont passés de 1 400 à environ 700 employés et que la production aurait chuté de 98 à 25 camions par jour, avec une remontée graduelle visée à 35 camions quotidiennement au cours des prochains mois.


Ces données sont présentées par la candidate à la suite de sa rencontre avec Steve Anctil, directeur général de l’usine PACCAR du Canada à Sainte-Thérèse. Elles illustrent, selon elle, l’ampleur des difficultés auxquelles fait face ce site manufacturier stratégique pour l’industrie québécoise du camion lourd.



Une usine durement frappée depuis le début de la guerre commerciale


La situation de PACCAR ne date effectivement pas des dernières semaines.


En 2025, Unifor avait déjà annoncé plusieurs vagues de suppressions d’emplois à Sainte-Thérèse. En juillet, le syndicat faisait état de 175 mises à pied supplémentaires, qui s’ajoutaient aux 250 emplois supprimés quelques mois auparavant. Unifor associait alors la baisse de production notamment à l’incertitude économique et aux tarifs américains.


À l’automne 2025, 300 autres mises à pied avaient été annoncées. Le syndicat réclamait alors une intervention rapide des gouvernements et une stratégie favorisant davantage l’achat de camions fabriqués au Canada.



Le dossier a continué d’évoluer en 2026. Le 26 août dernier, Unifor Québec soutenait que plus de 600 emplois avaient été perdus à l’usine depuis le début des turbulences commerciales et présentait PACCAR Sainte-Thérèse comme la dernière usine d’assemblage de camions lourds au Canada.


Les tarifs américains au centre du problème


L’usine québécoise assemble notamment des camions Kenworth et Peterbilt.


Son modèle d’affaires a été fortement bouleversé par l’imposition de tarifs américains sur les camions fabriqués à l’extérieur des États-Unis. En octobre 2025, PACCAR avait notamment annoncé un transfert d’une partie de sa production destinée au marché américain vers ses installations de Chillicothe, en Ohio, et de Denton, au Texas.


Avant cette période de perturbations, l’usine produisait environ 73 camions quotidiennement au printemps 2025, selon des données rapportées à l’époque.


La baisse d’activité observée depuis représente donc un changement majeur pour l’usine et ses travailleurs.


Marie-Claude Sarrazin interpelle le gouvernement québécois


Dans sa publication, Marie-Claude Sarrazin dirige également ses critiques vers le gouvernement québécois.


La candidate estime que Québec dispose de leviers permettant de soutenir davantage les fabricants établis dans la province, particulièrement par l’intermédiaire des contrats publics.


Elle demande essentiellement que les politiques d’achat québécois se traduisent par des retombées concrètes pour les entreprises et les emplois locaux.


Cette position rejoint en partie les revendications exprimées depuis plusieurs mois par Unifor.


L’achat local au cœur des revendications d’Unifor


À la fin août, Unifor Québec avait justement dénoncé les critères utilisés dans certains appels d’offres publics.


Le syndicat avait notamment pris pour exemple deux appels d’offres de la Société des alcools du Québec pour l’achat de camions. Selon Unifor, l’attribution basée principalement sur le prix ne permet pas de suffisamment valoriser les retombées économiques associées à des véhicules assemblés au Québec.


PACCAR et Unifor réclament ainsi depuis plusieurs mois une plus grande reconnaissance de la fabrication locale dans les contrats gouvernementaux et ceux des sociétés d’État.


Le directeur général de l’usine, Steve Anctil, avait d’ailleurs interpellé le gouvernement concernant les processus d’achat public.


Un enjeu économique important pour Sainte-Thérèse


Au-delà du débat partisan, la situation de PACCAR représente un enjeu économique majeur pour Sainte-Thérèse et l’ensemble de la couronne nord de Montréal.


Une usine de cette taille génère non seulement des emplois directement sur sa chaîne de montage, mais soutient également différents fournisseurs, sous-traitants et entreprises de services.


C’est précisément cet « écosystème manufacturier » que Marie-Claude Sarrazin dit vouloir défendre dans la campagne de Groulx.


La candidate affirme que sa rencontre avec PACCAR constitue l’un de ses premiers gestes dans la campagne.


PACCAR devient un dossier politique incontournable dans Groulx


Avec plusieurs centaines d’emplois disparus depuis 2025 et une production toujours loin des niveaux observés avant la guerre tarifaire, l’avenir de PACCAR pourrait devenir l’un des principaux enjeux économiques de la campagne dans Groulx.


Pour les partis politiques, la question dépasse désormais la seule gestion des tarifs américains.


Elle soulève un débat plus large : jusqu’où Québec doit-il aller pour privilégier les entreprises québécoises et canadiennes lorsqu’il dépense des fonds publics?


Pour les travailleurs de Sainte-Thérèse, la réponse à cette question pourrait avoir des conséquences très concrètes sur l’avenir de leur usine.

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