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Autoroute 20 inachevée : Vaudreuil-Soulanges réclame l’inscription du tronçon manquant au prochain PQI

il y a 20 heures
4 min de lecture

À quelques semaines des élections générales québécoises du 5 octobre 2026, des élus, des gens d’affaires et des citoyens de Vaudreuil-Soulanges unissent leur voix pour réclamer une intervention du prochain gouvernement dans le dossier de l’autoroute 20.



La demande est claire : inscrire au prochain Plan québécois des infrastructures (PQI) l’optimisation du tronçon manquant de 7 kilomètres de l’autoroute 20, une infrastructure considérée comme stratégique pour la mobilité des personnes et des marchandises entre Montréal et Toronto.



Selon les partenaires mobilisés, cette portion de l’autoroute demeure inachevée depuis plus de 60 ans.


Jusqu’à 90 000 véhicules par jour


L’enjeu dépasse largement les déplacements locaux.


Selon les données présentées par la MRC de Vaudreuil-Soulanges, plus de 21,5 millions de véhicules circuleraient chaque année sur ce tronçon, soit environ 64 000 véhicules par jour en moyenne.


Lors des périodes les plus achalandées, ce nombre pourrait grimper jusqu’à 90 000 passages par jour.



Le transport de marchandises occupe également une place importante dans cet axe routier : environ un déplacement sur dix serait effectué par un camion.


Pour l’industrie du camionnage, l’état actuel du corridor représente donc un enjeu de fluidité particulièrement important.


Une autoroute qui devient un boulevard urbain


À Vaudreuil-Dorion et sur l’île Perrot, l’autoroute 20 ne présente pas actuellement les caractéristiques habituelles d’un axe autoroutier continu.


Le corridor devient plutôt un boulevard urbain comprenant une dizaine de feux de circulation.


Cette situation oblige les automobilistes et les camionneurs à effectuer plusieurs arrêts sur l’un des principaux axes commerciaux reliant le Québec à l’Ontario.


Pour les entreprises de transport, ces ralentissements peuvent notamment entraîner des délais de livraison, une augmentation du temps passé sur la route et des coûts d’exploitation supplémentaires.


Des pertes potentielles de 1,1 milliard de dollars


La mobilisation régionale s’appuie également sur une étude indépendante réalisée par Raymond Chabot Grant Thornton.


Selon les données citées par les partenaires de la campagne, le maintien du statu quo pourrait représenter jusqu’à 1,1 milliard de dollars en pertes évitables sur une période de 20 ans.


Ces pertes seraient notamment associées à la congestion et aux occasions économiques manquées.


Pour les représentants économiques de Vaudreuil-Soulanges, il s’agit donc autant d’un dossier de transport que d’un enjeu de compétitivité régionale.


« Les études sont faites »


Les élus de la région soutiennent que plusieurs étapes nécessaires à l’avancement du dossier ont déjà été réalisées.


La MRC rappelle notamment avoir déposé un mémoire en 2024 et souligne que le ministère des Transports et de la Mobilité durable a également réalisé une étude d’opportunité dont les conclusions ont été rendues publiques en mai 2025.


Selon Patrick Bousez, préfet de la MRC de Vaudreuil-Soulanges et maire de Rivière-Beaudette, les 23 municipalités de la MRC réclament maintenant une décision politique permettant d’aller de l’avant.


Le prochain objectif consiste donc à faire inscrire le projet au prochain PQI.


Le PQI constitue le principal outil de planification des investissements du gouvernement du Québec dans les grandes infrastructures publiques.


Un dossier qui remonte aux années 1960


Le projet de compléter cette portion de l’autoroute 20 ne date pas d’hier.


Selon les intervenants régionaux, le gouvernement du Québec avait déjà procédé à des expropriations dès 1964 afin de permettre la réalisation éventuelle de l’autoroute.


Plus de six décennies plus tard, une portion du corridor demeure toutefois inachevée.


Le maire de Vaudreuil-Dorion, Paul Dumoulin, estime que cette situation continue de créer des problèmes importants pour la population et le développement de la région.


Les terrains nécessaires appartiendraient toujours au gouvernement du Québec.


Les entreprises de transport directement touchées


Pour le milieu économique, l’impact du corridor actuel se fait sentir quotidiennement.


La congestion et les nombreux feux de circulation peuvent ralentir les mouvements de marchandises entre Montréal, Vaudreuil-Soulanges et l’Ontario.


Mélanie Bossé, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges, affirme que les entreprises réclament depuis longtemps une amélioration de l’autoroute 20.


Selon elle, les conséquences se manifestent notamment par des retards dans les livraisons, des pertes de temps et certains problèmes de main-d’œuvre.


L’impact dépasserait également les limites de Vaudreuil-Soulanges puisque ce corridor fait partie d’un axe commercial majeur entre le Port de Montréal et Toronto.


La reconstruction du pont de l’Île-aux-Tourtes, situé dans le même grand corridor de mobilité vers l’ouest de Montréal, vise d’ailleurs à améliorer le déplacement des personnes et des marchandises entre Montréal et Vaudreuil-Soulanges.


Plus de 16 000 personnes appuient la démarche


La pression ne vient pas uniquement des institutions municipales et économiques.


Le comité citoyen Pour une vraie 20 affirme avoir recueilli 16 222 signatures dans le cadre de sa pétition demandant l’achèvement du corridor.


Les responsables de la mobilisation insistent sur le caractère non partisan de leur démarche.


Leur message s’adresse à l’ensemble des partis politiques québécois ainsi qu’au gouvernement qui sera élu le 5 octobre prochain.


Un enjeu important pour le camionnage québécois


Pour l’industrie du transport routier, le débat entourant l’autoroute 20 touche directement la question de l’efficacité des corridors commerciaux.


Chaque arrêt, ralentissement ou période de congestion peut avoir des répercussions sur les horaires des chauffeurs, les délais de livraison et les coûts d’exploitation des transporteurs.


Avec environ 10 % des déplacements effectués par des camions sur cette portion de la route, le projet pourrait donc avoir des conséquences importantes pour le transport de marchandises entre le Québec et l’Ontario.


Le prochain gouvernement québécois devra maintenant déterminer si l’optimisation du tronçon manquant de l’autoroute 20 fera partie de ses priorités d’infrastructures.


Pour Vaudreuil-Soulanges, le message est sans équivoque : après plus de 60 ans d’attente, la région veut que le projet passe enfin de l’étude à l’action.


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