L’Ontario renforce la lutte contre le travail forcé dans l’industrie du camionnage
- 7 juil.
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L’industrie du camionnage ontarienne intensifie ses efforts pour combattre le travail forcé et la traite de personnes. L’Ontario Trucking Association (OTA) a annoncé un nouveau partenariat avec l’Joy Smith Foundation afin de mieux prévenir, détecter et éliminer les situations d’exploitation dans le secteur du transport routier.
L’objectif de cette initiative est de développer des outils de sensibilisation, de formation et d’intervention destinés aux entreprises de transport, aux chauffeurs, aux organismes gouvernementaux ainsi qu’aux corps policiers.

Une réalité souvent invisible
Selon les deux organisations, la traite de personnes ne touche pas uniquement l’exploitation sexuelle. Le travail forcé représente également une forme importante d’exploitation qui demeure souvent cachée.
Dans le secteur du camionnage, cette réalité peut notamment prendre la forme :
de travailleurs soumis à des menaces ou à de l’intimidation;
de confiscation de passeports ou de documents d’identité;
d’endettement imposé aux travailleurs;
de conditions de travail abusives;
d’exploitation de travailleurs étrangers vulnérables.
Les responsables rappellent que ces situations peuvent se produire autant dans les centres urbains que dans les régions rurales et traversent les frontières provinciales.
L’Ontario, un marché stratégique
Après plusieurs initiatives déployées avec succès au Manitoba, la Fondation Joy Smith étend maintenant ses activités en Ontario, où se trouve le plus important marché du camionnage au Canada.
Le projet vise notamment à :
mieux documenter les risques propres au transport routier;
développer des outils adaptés aux entreprises;
améliorer la collaboration entre l’industrie et les services policiers;
accroître la sensibilisation auprès des employeurs, des chauffeurs et du grand public.
Une mobilisation de toute l’industrie
Le président du conseil d’administration de l’OTA, Mark Bylsma, affirme que le problème est bien réel et qu’il doit être éliminé.
De son côté, Janet Campbell, présidente-directrice générale de la Fondation Joy Smith, souligne que le financement accordé par l’OTA permettra de reproduire en Ontario les programmes qui ont déjà obtenu de bons résultats au Manitoba.
Le vice-président principal aux politiques de l’OTA, Geoff Wood, estime que seule une mobilisation de tous les acteurs de l’industrie permettra d’éliminer durablement le phénomène.
La prévention demeure l’outil le plus efficace
Les deux organisations rappellent que la sensibilisation demeure l’une des meilleures façons de prévenir le travail forcé.
En permettant aux employeurs, répartiteurs, chauffeurs et autres travailleurs du transport de reconnaître les signes d’exploitation, il devient plus facile d’intervenir rapidement et d’orienter les victimes vers les ressources appropriées.
L’initiative s’inscrit également en complément du travail déjà effectué par les différents services policiers de l’Ontario dans la lutte contre la traite de personnes.
Une responsabilité collective
Alors que le camionnage joue un rôle essentiel dans l’économie canadienne, les partenaires souhaitent envoyer un message clair : aucune forme de travail forcé n’a sa place dans cette industrie.
Grâce à une meilleure formation, à une collaboration accrue entre les entreprises, les autorités et les organismes spécialisés, l’OTA et la Fondation Joy Smith espèrent réduire considérablement les risques d’exploitation des travailleurs les plus vulnérables.



