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« Chauffeur inc. » s’invite dans la campagne électorale québécoise : les Teamsters réclament des engagements clairs

  • il y a 1 heure
  • 3 min de lecture
Source: Teamsters Canada
Source: Teamsters Canada

Le dossier controversé du « Chauffeur inc. » prend désormais une dimension politique au Québec. Teamsters Canada se réjouit de voir cet enjeu du transport routier faire son entrée dans la campagne électorale provinciale et appelle maintenant l’ensemble des partis politiques à présenter des engagements concrets pour lutter contre le phénomène.


Dans une déclaration publiée le 14 août 2026, le syndicat a notamment accueilli favorablement la sortie du Parti Québécois, qui entend présenter des propositions afin de renforcer la lutte contre ce modèle d’affaires controversé.


Les Teamsters veulent entendre tous les partis


Pour Teamsters Canada, l’arrivée du dossier « Chauffeur inc. » dans le débat électoral représente une avancée importante après plusieurs années de revendications provenant de différents acteurs de l’industrie du camionnage.


Le syndicat demande toutefois aux autres formations politiques québécoises de préciser à leur tour leurs intentions.


François Laporte, président de Teamsters Canada, affirme que son organisation se bat depuis plusieurs années contre ce phénomène et considère son arrivée dans la campagne électorale comme une avancée pour les travailleurs ainsi que pour la sécurité routière.


Qu’est-ce que le modèle « Chauffeur inc. »?


Le phénomène désigne essentiellement une situation où un chauffeur qui devrait normalement être considéré comme un salarié est plutôt amené à s’incorporer et à travailler comme s’il était un entrepreneur indépendant.


Selon Teamsters Canada, certaines entreprises utilisent cette structure afin d’éviter différentes obligations normalement associées au statut d’employeur, notamment les retenues à la source et certaines charges liées à l’emploi.


Cette pratique ne doit toutefois pas être confondue avec celle des véritables propriétaires-exploitants, qui possèdent et exploitent réellement leur entreprise de transport.


Les Teamsters soutiennent que le phénomène entraîne également une concurrence déloyale envers les transporteurs qui respectent leurs obligations fiscales et leurs responsabilités d’employeur.


Le syndicat estime par ailleurs que ce stratagème priverait les gouvernements de plus d’un milliard de dollars en recettes fiscales chaque année au Canada.


Les entreprises doivent être ciblées, pas les chauffeurs


C’est l’un des principaux messages lancés par Teamsters Canada : les mesures gouvernementales ne devraient pas avoir pour effet de punir les camionneurs qui se retrouvent dans ce type de structure.


Selon Jean Chartrand, conseiller en matière de transport routier chez Teamsters Canada, accorder davantage de pouvoirs aux institutions et aux contrôleurs routiers constitue une avancée, mais les sanctions doivent avant tout viser les entreprises qui organisent le stratagème.


Pour le syndicat, les chauffeurs concernés sont souvent les premières victimes de cette façon de faire.


Un dossier qui mobilise l’industrie depuis plusieurs années


La lutte contre « Chauffeur inc. » dépasse largement le mouvement syndical.


En janvier 2025, Teamsters Canada, l’Association du camionnage du Québec (ACQ) et l’Association des professionnels du dépannage du Québec (APDQ) avaient notamment uni leurs voix pour demander au gouvernement québécois d’intervenir plus vigoureusement.


Depuis, différentes mesures ont été mises en place ou renforcées par les gouvernements provincial et fédéral afin d’améliorer la conformité dans l’industrie.


Le dossier demeure néanmoins au centre des préoccupations d’une partie importante du secteur du transport routier.


Le camionnage pourrait devenir un véritable enjeu électoral


L’entrée de « Chauffeur inc. » dans la campagne électorale pourrait maintenant forcer les différentes formations politiques québécoises à préciser leur vision concernant la conformité des transporteurs, la classification des travailleurs, les pouvoirs des contrôleurs routiers et les sanctions imposées aux entreprises fautives.


Teamsters Canada indique qu’il analysera les propositions du Parti Québécois ainsi que celles des autres partis lorsqu’elles seront dévoilées.


Le syndicat réclame essentiellement deux choses : des sanctions dirigées vers les entreprises qui orchestrent la fraude et davantage de moyens légaux pour permettre aux inspecteurs et aux contrôleurs routiers de faire respecter les règles.


À quelques semaines du scrutin, le dossier « Chauffeur inc. » pourrait donc devenir l’un des principaux enjeux touchant directement l’industrie québécoise du camionnage.


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