Autoroute 20 à Vaudreuil-Soulanges : des gens d’affaires réclament l’inscription du projet au prochain PQI

Vaudreuil-Dorion — À quelques jours des élections générales québécoises du 5 octobre, des commerçants et entrepreneurs du boulevard Harwood et de l’Île-Perrot joignent leur voix à la campagne régionale « L’inachevée » afin de réclamer l’optimisation du tronçon de l’autoroute 20 entre Vaudreuil-Dorion et l’Île-Perrot. Leur demande s’adresse à l’ensemble des partis politiques : inscrire le projet au prochain Plan québécois des infrastructures (PQI).

Le dossier de l’autoroute 20 revient ainsi au premier plan dans Vaudreuil-Soulanges, où environ 7 kilomètres du corridor autoroutier demeurent interrompus par un boulevard urbain.
La campagne L’inachevée est portée conjointement par la MRC de Vaudreuil-Soulanges, Développement Vaudreuil-Soulanges, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges ainsi que le comité citoyen Pour une vraie 20. La MRC précise que la démarche est non partisane et que la demande est adressée à l’ensemble des formations politiques et au prochain gouvernement.

Plus de 21,5 millions de véhicules par année
L’importance du tronçon pour le transport routier est au cœur de l’argumentaire des promoteurs de la campagne.
Selon les données présentées par la MRC et L’inachevée, plus de 21,5 millions de véhicules circulent annuellement sur ce secteur, ce qui correspond à environ 64 000 passages par jour en moyenne. Le volume peut atteindre jusqu’à 90 000 véhicules lors des périodes de pointe.
Pour l’industrie du camionnage, un chiffre retient particulièrement l’attention : les camions de marchandises représentent environ 11,4 % du trafic, soit approximativement un véhicule sur dix.
Cela représente autour de 2,2 millions de passages de camions de marchandises par année, selon les données mises de l’avant par la campagne.
Dix feux de circulation sur un corridor Montréal-Toronto
À Vaudreuil-Dorion et sur l’Île-Perrot, la continuité autoroutière de l’A-20 est interrompue et la circulation emprunte un environnement de type boulevard urbain.
La MRC indique que le secteur compte une série de feux de circulation — la campagne fait état de neuf feux, avec un dixième annoncé — sur ce qui constitue l’un des corridors routiers importants reliant Montréal à Toronto.
La revendication de la campagne est de créer un axe routier continu entre le boulevard Harwood et le pont Galipeault, puis d’inscrire le projet au PQI.
Des commerçants demandent maintenant d’accélérer le dossier
Lors d’une conférence de presse tenue le 1er octobre, des gens d’affaires du boulevard Harwood et de l’Île-Perrot ont publiquement appuyé la démarche.
Édith Courval, de l’entreprise Les Manifestes, a notamment présenté le secteur comme un territoire possédant encore un important potentiel commercial et économique. Pour les entrepreneurs présents, l’amélioration de l’A-20 permettrait notamment de faciliter le développement des entreprises déjà implantées dans la région.
Tanya Desforges, propriétaire de la bijouterie La Forge d’or et ancienne présidente de l’Association des gens d’affaires de l’Île-Perrot, a pour sa part expliqué avoir dû relocaliser son commerce afin de poursuivre sa croissance et de conserver ses employés.
Les représentants présents soutiennent que les conditions de circulation et l’aménagement actuel du corridor peuvent devenir un enjeu pour certaines entreprises souhaitant se développer dans le secteur.
Le commerce local également au cœur des préoccupations
Véronique Viau, copropriétaire du IGA Famille Viau, a insisté sur l’importance de maintenir un environnement favorable aux commerces locaux et à l’arrivée de nouvelles entreprises.
Josée Nadeau, propriétaire de Sous les oliviers, a également soutenu que le secteur possède un potentiel pour les commerces spécialisés, tout en estimant que les problèmes entourant le corridor routier compliquent son développement.
Ces témoignages représentent le point de vue des entreprises participant à la campagne et ne constituent pas, à eux seuls, une évaluation indépendante des effets économiques qu’aurait la réalisation du projet.
Un coût du statu quo évalué à 1,1 milliard de dollars
Un autre chiffre majeur est mis de l’avant par la campagne : 1,1 milliard de dollars sur 20 ans.
Cette estimation provient d’une analyse de Raymond Chabot Grant Thornton citée par les responsables de L’inachevée. La campagne avance notamment des coûts liés à la congestion, au temps perdu et à d’autres impacts économiques, auxquels elle ajoute des revenus de taxation potentiels associés au redéveloppement du secteur Harwood.
Il est important de préciser qu’il s’agit d’une estimation économique utilisée par les promoteurs du projet pour mesurer le coût potentiel du maintien de la situation actuelle, et non d’une dépense gouvernementale déjà engagée.
Une mobilisation qui remonte à plusieurs années
Le dossier dépasse la présente campagne électorale.
Selon la MRC de Vaudreuil-Soulanges, les premières expropriations gouvernementales destinées à permettre la réalisation de l’autoroute remontent à 1964. Une portion du corridor demeure toujours inachevée plus de six décennies plus tard.
La mobilisation actuelle s’appuie notamment sur une résolution unanime de la MRC et de ses 23 municipalités, ainsi que sur des résolutions provenant de plusieurs municipalités directement concernées. Une pétition comptant 16 222 signatures a également été déposée en septembre 2024.
La MRC affirme également que les conclusions d’une étude d’opportunité du ministère des Transports et de la Mobilité durable, rendues publiques en mai 2025, appuient le principe d’un axe routier ininterrompu.
Un dossier particulièrement important pour le camionnage
Pour l’industrie du transport, l’enjeu dépasse la circulation locale.
Avec environ un véhicule sur dix identifié comme camion de marchandises sur le tronçon, l’A-20 constitue un passage significatif pour les échanges entre la région montréalaise, l’Ontario et le reste du corridor Montréal-Toronto.
Les arrêts, la congestion et les variations de temps de déplacement peuvent avoir des répercussions sur les horaires des chauffeurs, la consommation de carburant et la prévisibilité des livraisons.
Les effets précis d’un éventuel réaménagement dépendraient toutefois du projet retenu, de sa configuration, de son coût et des mesures qui accompagneraient sa réalisation.
La demande : inscrire l’A-20 au prochain PQI
À quelques jours du vote du 5 octobre, les partenaires de L’inachevée cherchent donc à obtenir des engagements publics des différents partis.
Leur objectif immédiat est que l’optimisation de ce segment de l’autoroute 20 soit inscrite au prochain Plan québécois des infrastructures, étape qui permettrait au projet d’avancer dans la planification gouvernementale.
La campagne se présente officiellement comme non partisane et dit solliciter les chefs et candidats de toutes les formations politiques.
Pour les camionneurs qui empruntent régulièrement l’ouest de Montréal, Vaudreuil-Dorion et l’Île-Perrot, la suite de ce dossier sera particulièrement à surveiller après l’élection.





