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États-Unis : la FDA lève un obstacle majeur au dépistage de drogues par la salive chez les camionneurs

il y a 3 minutes
4 min de lecture

Source: Food and Drug Administration


WASHINGTON, 23 octobre 2026 — Une importante modification réglementaire pourrait accélérer l’arrivée des tests de dépistage de drogues par prélèvement de salive dans l’industrie américaine du camionnage. Le 6 octobre 2026, la Food and Drug Administration (FDA) a officiellement supprimé certaines exigences d’autorisation préalable pour des systèmes d’analyse toxicologique, une décision susceptible de faciliter leur utilisation dans les programmes fédéraux de dépistage.


Cette avancée pourrait éventuellement permettre aux transporteurs routiers américains de disposer d’une solution de rechange aux analyses d’urine actuellement utilisées pour les contrôles antidrogue obligatoires.


Toutefois, malgré cette annonce, les tests salivaires ne sont pas encore opérationnels dans le programme fédéral du Department of Transportation (DOT).


Une décision officielle publiée le 6 octobre 2026


Dans une décision réglementaire publiée au Federal Register, la FDA a annoncé l’élargissement des exemptions aux exigences de notification préalable à la commercialisation, connues sous le nom de 510(k), pour certaines catégories de dispositifs de dépistage toxicologique de classe II.


Ces exemptions s’appliquent désormais, sous certaines conditions, à des systèmes destinés aux programmes fédéraux de dépistage de drogues.


Concrètement, les fabricants de dispositifs admissibles n’auront plus à soumettre certaines demandes préalables à la FDA pour commercialiser leurs produits.


L’objectif est de réduire les démarches réglementaires et les coûts associés, tout en maintenant les autres exigences applicables en matière de sécurité, d’efficacité et de conformité.


La FDA précise cependant qu’elle ne détermine pas elle-même si les tests salivaires peuvent être utilisés dans les programmes fédéraux de dépistage. Cette responsabilité relève d’autres autorités américaines, notamment le DOT et le Department of Health and Human Services (HHS).


Pourquoi cette décision est importante pour les camionneurs


Depuis plusieurs années, les autorités fédérales américaines cherchent à diversifier les méthodes de dépistage des drogues chez les employés occupant des fonctions liées à la sécurité publique.


Les chauffeurs de véhicules commerciaux soumis à la réglementation de la Federal Motor Carrier Safety Administration (FMCSA) sont directement concernés.


Actuellement, les programmes obligatoires de dépistage reposent principalement sur des analyses d’urine.


Or, ces analyses présentent certaines difficultés opérationnelles, notamment les risques de substitution ou d’altération des échantillons.


Le prélèvement de salive pourrait offrir plusieurs avantages :


  • Une collecte généralement moins intrusive pour le conducteur.

  • Une surveillance plus directe du prélèvement.

  • Une réduction des possibilités de manipulation ou de substitution des échantillons.

  • Une solution supplémentaire pour les employeurs lors des contrôles obligatoires.

  • Une méthode pouvant faciliter certaines opérations de dépistage dans les entreprises de transport.


La réglementation américaine reconnaît notamment que les prélèvements salivaires peuvent contribuer à limiter les tentatives de fraude aux analyses d’urine.


Une réglementation déjà adoptée en 2023


Il est important de rappeler que l’utilisation des tests salivaires dans les programmes de dépistage du DOT avait déjà été autorisée sur le plan réglementaire en 2023.


Le 2 mai 2023, le ministère américain des Transports publiait une règle finale permettant l’ajout des prélèvements salivaires aux méthodes de dépistage existantes.


Cette réglementation est entrée en vigueur le 1er juin 2023.


Elle prévoyait notamment la possibilité pour les employeurs d’utiliser les analyses salivaires lors de différents types de contrôles, notamment avant l’embauche, de façon aléatoire, après certains accidents ou lorsqu’il existe des soupçons raisonnables.


Cependant, une condition essentielle devait être respectée avant que cette méthode puisse être utilisée dans le programme fédéral : la certification d’au moins deux laboratoires spécialisés par le HHS.


Cette condition constitue toujours un obstacle à son déploiement.


Aucun laboratoire certifié pour les tests salivaires fédéraux


Selon une publication officielle du 30 septembre 2026 de la Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA), aucun laboratoire n’était alors certifié pour effectuer les analyses salivaires dans les programmes fédéraux de dépistage.


Le DOT exige la présence d’au moins deux laboratoires certifiés, notamment pour permettre l’analyse de l’échantillon principal et celle de l’échantillon secondaire en cas de contestation.


Cette exigence vise à garantir la fiabilité des résultats ainsi que la possibilité de procéder à une contre-analyse.


La décision de la FDA pourrait donc faciliter certaines étapes réglementaires pour les dispositifs d’analyse, sans remplacer les procédures de certification imposées aux laboratoires.


En date du 23 octobre 2026, les informations officielles consultées ne permettent pas de confirmer que cette condition est désormais remplie.


Les transporteurs soumis au DOT doivent donc continuer à respecter les procédures actuellement applicables.


Une solution pour limiter les fraudes aux tests antidrogue


La possibilité de recourir aux prélèvements salivaires suscite un intérêt particulier dans l’industrie américaine du transport routier.


Le dépistage des drogues constitue un élément important des programmes de sécurité destinés à prévenir la conduite avec les facultés affaiblies.


Avec les analyses d’urine, les autorités doivent notamment composer avec les tentatives de falsification, les échantillons substitués ou les prélèvements présentant des anomalies.


Les tests salivaires permettent une collecte directement observable, ce qui peut réduire certaines possibilités de manipulation.


Il faut toutefois distinguer les avantages pratiques de cette méthode de ses limites scientifiques.


Les périodes de détection peuvent varier selon la substance recherchée, la méthode utilisée et plusieurs autres facteurs. Un résultat positif ne permet pas, à lui seul, d’établir le degré d’affaiblissement des facultés d’un conducteur au moment précis de la collecte.


Quelles conséquences pour les transporteurs canadiens?


Cette évolution réglementaire américaine pourrait également intéresser les entreprises de transport du Québec et du Canada qui exploitent des véhicules aux États-Unis.


Les transporteurs et conducteurs canadiens soumis aux exigences fédérales américaines doivent respecter les règles de dépistage applicables à leurs activités, notamment celles du DOT et de la FMCSA.


Lorsque les tests salivaires seront effectivement accessibles dans ce cadre réglementaire, les entreprises concernées pourraient disposer d’une méthode supplémentaire pour répondre à certaines obligations américaines.


Toutefois, la décision de la FDA ne modifie pas automatiquement les règles canadiennes en matière de dépistage de drogues, de relations de travail ou de protection des renseignements personnels.


Les entreprises devront continuer à distinguer les obligations fédérales américaines des règles applicables dans leurs provinces et territoires d’exploitation.


Une prochaine étape attendue par l’industrie


La publication du 6 octobre 2026 représente une étape réglementaire importante dans un dossier qui évolue depuis plusieurs années.


Après l’adoption du cadre permettant les tests salivaires en 2023, les autorités américaines disposent maintenant d’une exemption supplémentaire susceptible de faciliter la mise à disposition de certains dispositifs d’analyse.


Il reste néanmoins à franchir les étapes nécessaires à la certification des laboratoires afin que les transporteurs puissent réellement utiliser cette méthode dans le cadre des contrôles obligatoires du DOT.


Pour l’industrie du camionnage, cette évolution pourrait éventuellement offrir davantage de souplesse aux employeurs, tout en contribuant à renforcer l’intégrité des programmes de dépistage.

 
 
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