Machinerie lourde électrique au Québec : une première chargeuse LiuGong 856HE mise à l’essai à Lachute dans un projet de 1,27 million $

Source: IVI
L’électrification de la machinerie lourde franchit une nouvelle étape au Québec. L’Institut du véhicule innovant (IVI) annonce le lancement du premier de six essais en conditions réelles dans le cadre de son projet Flotte rechargeable – Machinerie lourde. Une chargeuse sur roues entièrement électrique LiuGong 856HE est actuellement testée au centre de tri de Tricentris, la Coop, à Lachute, dans les Laurentides.


Cette initiative vise à évaluer concrètement les performances des équipements lourds électriques, leurs besoins en recharge et leur adaptation aux opérations quotidiennes des entreprises québécoises.
Au total, six essais seront réalisés dans différentes régions du Québec d’ici 2028 afin de mieux documenter les avantages, les contraintes et les conditions nécessaires à l’adoption de cette technologie.
Une chargeuse électrique LiuGong 856HE testée en conditions réelles
Depuis environ une semaine, la chargeuse sur roues LiuGong 856HE fait l’objet d’un suivi technique au centre de tri de Tricentris, à Lachute.
L’équipement est instrumenté afin de permettre la collecte de données pendant deux semaines d’exploitation réelle.
L’Institut du véhicule innovant souhaite notamment mesurer et analyser plusieurs aspects du fonctionnement de la machine :
Les performances de la chargeuse pendant les opérations quotidiennes.
Les habitudes et les besoins de recharge.
Les conditions réelles d’utilisation de l’équipement.
L’intégration d’une machine électrique dans les activités d’une entreprise.
Les éléments techniques et opérationnels pouvant influencer l’utilisation de la machinerie électrique.
Ce premier essai se déroule dans un contexte de travaux légers, ce qui permettra de mieux comprendre le comportement de la chargeuse électrique dans ce type d’environnement.
Les données obtenues contribueront à déterminer dans quelles conditions ce genre d’équipement peut représenter une solution viable pour les gestionnaires de flotte.
Six essais prévus partout au Québec jusqu’en 2028
Le programme Flotte rechargeable – Machinerie lourde ne se limite pas à l’évaluation d’une seule chargeuse électrique.
Il prévoit six essais terrain d’une durée de deux semaines chacun, réalisés auprès d’entreprises partenaires dans différentes régions du Québec d’ici 2028.
Différents types d’équipements lourds entièrement électriques pourront être évalués, notamment des excavatrices, des chargeuses sur roues et des rétrocaveuses.
L’objectif est de recueillir suffisamment de données pour comparer les réalités d’exploitation et documenter les conditions d’utilisation de ces machines.
Les résultats serviront à produire plusieurs outils destinés aux entreprises :
Des études de cas basées sur les essais.
Des rapports techniques.
Des capsules d’information.
Des outils d’aide à la décision pour les gestionnaires.
Des recommandations concernant l’électrification des flottes.
L’IVI souhaite ainsi permettre aux entreprises d’évaluer plus facilement si la machinerie électrique convient à leurs besoins opérationnels.
Un projet de près de 1,27 million $ soutenu par Québec
Selon le Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD), la valeur totale du projet Flotte rechargeable – Machinerie lourde atteint 1 268 930 $.
Le programme bénéficie d’une aide financière de 950 000 $, accordée dans le cadre d’Action-Climat Québec.
Cette initiative est soutenue financièrement par le gouvernement du Québec et s’inscrit dans les objectifs du Plan pour une économie verte 2030.
Le projet, qui s’étend de 2025 à 2028, vise à évaluer la viabilité opérationnelle, financière et environnementale des équipements lourds électriques.
Au-delà des performances techniques, il doit également permettre de documenter les obstacles rencontrés par les entreprises qui souhaitent intégrer ces nouvelles technologies.
Des partenaires québécois mobilisés autour de la première démonstration
L’Institut du véhicule innovant souligne la collaboration de plusieurs organisations pour la réalisation de ce premier essai.
Tricentris, la Coop, accueille la chargeuse au sein de ses activités à Lachute.
Le Groupe Gymdex contribue au projet avec la chargeuse électrique LiuGong 856HE.
Malco Solutions de Recharge participe également à cette première étape consacrée à l’évaluation des technologies électriques et de leur intégration sur le terrain.
Cette collaboration entre les partenaires industriels et les spécialistes de l’innovation permet de documenter les réalités de l’électrification dans un environnement de travail concret.
La recharge électrique : un enjeu important pour les gestionnaires de flotte
L’un des objectifs du projet consiste à mieux comprendre les besoins en recharge de la machinerie lourde électrique.
Contrairement à un véhicule routier utilisé sur des trajets prévisibles, une machine industrielle ou de chantier peut être sollicitée de différentes façons selon les tâches, les conditions et les horaires.
Pour les entreprises qui envisagent l’électrification, plusieurs questions doivent être étudiées.
Quelle autonomie réelle peut offrir un équipement électrique pendant une journée de travail?
Combien de temps faut-il prévoir pour la recharge? Les installations électriques existantes peuvent-elles répondre aux besoins? Et surtout, dans quelles conditions ces équipements peuvent-ils être économiquement avantageux?
Les essais de l’IVI visent précisément à recueillir des données permettant d’éclairer ces décisions.
Il est toutefois trop tôt pour conclure que la chargeuse électrique actuellement testée à Lachute offre un coût d’exploitation inférieur à celui d’un modèle diesel.
Les résultats techniques de cette première expérimentation n’ont pas encore été publiés.
Former les opérateurs et accompagner les entreprises
Le projet ne porte pas uniquement sur la technologie.
Une démarche de formation et de sensibilisation accompagnera également les gestionnaires de flotte et les opérateurs.
Cette approche vise à faciliter la compréhension des équipements électriques, de leurs méthodes d’utilisation et des pratiques de recharge.
Les responsables du projet souhaitent notamment fournir aux entreprises des outils concrets pour évaluer les investissements nécessaires, former leurs employés et planifier une éventuelle transition.
En avril 2026, le projet avait déjà franchi une étape importante avec l’organisation d’un premier événement consacré à la machinerie lourde électrique au Centre national de conduite d’engins de chantier, à Lévis.
Cette rencontre avait notamment réuni des représentants de l’industrie, des spécialistes techniques et des entreprises intéressées par les nouvelles technologies.
Plus de 185 000 véhicules-outils immatriculés au Québec
Selon les informations publiées par l’IVI, plus de 185 000 véhicules-outils étaient immatriculés au Québec en 2023.
Cela représentait une augmentation de 29 % par rapport à 2018.
L’électrification de ce secteur constitue donc un enjeu important pour les entreprises qui utilisent quotidiennement des équipements spécialisés.
Les chargeuses, excavatrices et autres machines lourdes jouent un rôle essentiel dans plusieurs secteurs, notamment la construction, le recyclage, les infrastructures et les activités industrielles.
Cependant, leur remplacement par des modèles électriques doit tenir compte de nombreuses réalités opérationnelles.
Les coûts d’acquisition, l’autonomie, les infrastructures de recharge, la maintenance et la disponibilité des équipements demeurent des facteurs déterminants pour les gestionnaires.
C’est pourquoi des essais réalisés directement au Québec peuvent contribuer à produire des données mieux adaptées aux conditions locales.
Une expérience qui pourrait intéresser plusieurs entreprises de transport et de logistique
Même si le projet concerne principalement la machinerie lourde hors route, ses conclusions pourraient aussi intéresser certaines entreprises de transport, de manutention et de logistique.
Les transporteurs qui exploitent des terminaux, des cours industrielles ou des équipements spécialisés pourraient éventuellement tirer profit de ces données, particulièrement lorsqu’ils envisagent l’intégration de matériel électrique à leurs activités.
L’électrification des équipements de manutention représente toutefois une réalité différente de celle des camions lourds circulant sur de longues distances.
Les résultats devront donc être interprétés selon les usages et les contraintes propres à chaque secteur.
Les premiers résultats seront déterminants pour la suite
Le lancement de cette première expérimentation à Lachute représente une étape concrète dans le développement des connaissances sur la machinerie lourde électrique au Québec.
Avec six essais prévus d’ici 2028, le projet Flotte rechargeable – Machinerie lourde devrait permettre de constituer une base d’information utile pour les entreprises intéressées par cette technologie.
Les prochaines étapes permettront notamment de mieux comprendre les performances réelles des équipements, les besoins de recharge et les défis de leur intégration aux activités quotidiennes.
Pour les gestionnaires de flotte, ces informations pourraient éventuellement contribuer à déterminer si l’électrification de certaines machines constitue une option opérationnelle et financièrement viable.
On the Road Québec suivra l’évolution de ces essais et les résultats qui pourraient influencer l’avenir de la machinerie lourde électrique dans la province.



