Port de Montréal à Contrecœur : une étape majeure franchie avec le début des travaux en eau
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CONTRECŒUR — Le projet d’expansion du Port de Montréal vient de franchir une nouvelle étape importante. L’Administration portuaire de Montréal (APM) a officiellement amorcé les travaux en eau nécessaires à la construction de son futur terminal à conteneurs de Contrecœur, un projet appelé à jouer un rôle majeur dans les chaînes logistiques du Québec et du Canada.
Les travaux préparatoires étant maintenant bien avancés, le chantier entre dans une phase beaucoup plus concrète avec l’aménagement des infrastructures maritimes du futur terminal. Les travaux en eau ont débuté le 3 août 2026.
Une jetée de travail pour lancer les opérations
La première étape consiste notamment à aménager une jetée de travail en pierre dans le fleuve Saint-Laurent. Celle-ci permettra aux travailleurs et à la machinerie lourde d’accéder directement à la zone où sera construit le nouveau quai.
Une imposante grue d’une capacité de levage de 300 tonnes fait partie des équipements qui seront utilisés pour installer les différentes composantes de l’infrastructure maritime.
L’ampleur de cette phase se mesure également en tonnes : plus de 250 000 tonnes de pierres provenant de carrières locales ont déjà été acheminées vers le chantier au cours des derniers mois.
Ces matériaux serviront notamment à construire la jetée ainsi qu’à effectuer le remblai nécessaire au futur quai. Plusieurs milliers de tonnes supplémentaires doivent encore être livrées dans les prochains mois.
Les pieux commenceront à arriver dès le 17 août
Une autre étape importante vient également d’être complétée avec la livraison des palplanches qui serviront à la construction du quai.
Les pieux tubulaires en acier sont quant à eux actuellement fabriqués à Saint-Félix-de-Kingsey, au Québec. Leur livraison au chantier doit commencer à compter du 17 août 2026.
La construction du quai doit ensuite véritablement prendre forme à l’automne, avec l’installation d’un mur combinant pieux tubulaires et palplanches.
Les travaux de dragage sont pour leur part prévus à compter de 2027.
Un futur terminal capable d’accueillir 1,15 million de conteneurs EVP
L’expansion à Contrecœur représente le plus important projet de l’histoire moderne de l’Administration portuaire de Montréal.
Une fois terminé, le site doit disposer d’une capacité de manutention de 1,15 million de conteneurs EVP (équivalent vingt pieds). Il comprendra notamment deux postes à quai, une cour ferroviaire et différentes infrastructures connexes.
Le Port de Montréal estime également qu’environ 4 000 emplois directs et indirects seront associés à la période de construction. Une fois en exploitation, les installations pourraient générer environ 1,5 milliard de dollars par année en revenus d’entreprise au Canada.
Le futur terminal doit notamment permettre d’augmenter la capacité portuaire alors que les installations actuelles du Port de Montréal se rapprochent de leur pleine capacité.
Une infrastructure stratégique pour les chaînes d’approvisionnement
Pour l’APM, cette nouvelle phase confirme que le chantier progresse vers la réalisation d’une infrastructure destinée à renforcer la capacité commerciale du Québec et du Canada.
Au-delà du transport maritime, un terminal de cette ampleur aura nécessairement des répercussions sur l’ensemble de la chaîne logistique.
Transport routier, ferroviaire, entreposage, distribution et logistique seront appelés à jouer un rôle dans le déplacement des volumes supplémentaires qui transiteront éventuellement par Contrecœur.
Le projet prévoit d’ailleurs une combinaison d’infrastructures maritimes et ferroviaires, auxquelles viendra s’ajouter le transport routier pour assurer une partie de l’acheminement des marchandises vers leurs destinations finales.
Des mesures environnementales pendant les travaux
L’Administration portuaire de Montréal indique également avoir mis en place plusieurs mesures de suivi environnemental.
Des stations permanentes surveillent notamment le bruit, la qualité de l’air et la qualité de l’eau. Des rideaux de turbidité ont également été installés afin de limiter le déplacement des sédiments pendant les travaux en milieu aquatique.
Un mur acoustique temporaire constitué de 22 conteneurs empilés sur deux niveaux a aussi été aménagé près de la zone d’entreposage des pierres.
Un chantier à suivre de près pour l’industrie du transport
Avec le début des travaux en eau, le projet de Contrecœur passe progressivement des plans aux infrastructures physiques.
Pour l’industrie québécoise du transport et de la logistique, l’évolution du chantier sera particulièrement intéressante à surveiller au cours des prochaines années.
L’arrivée éventuelle d’une capacité supplémentaire de 1,15 million d’EVP pourrait modifier les flux de marchandises dans la grande région de Montréal et créer de nouvelles occasions pour les entreprises de camionnage, de logistique et de distribution.
La mise en service du futur terminal est actuellement prévue d’ici 2030.



