« Chauffeurs au rabais » : le Parti Québécois promet des sanctions plus sévères et davantage de surveillance
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Québec — Le Parti Québécois veut resserrer considérablement l’encadrement du camionnage afin de lutter contre le phénomène des « chauffeurs au rabais ». S’il forme le prochain gouvernement, le parti promet notamment des sanctions plus importantes, une responsabilisation accrue des employeurs et des donneurs d’ouvrage ainsi qu’une surveillance renforcée aux frontières du Québec.
Dans un communiqué publié le 14 août 2026, le Parti Québécois affirme vouloir intervenir sur deux fronts : l’imputabilité des entreprises et la surveillance du transport routier.
Le parti estime que la situation constitue à la fois un enjeu de sécurité routière et une menace pour les transporteurs qui respectent les règles.
Près de 1 200 incidents recensés
Selon les données avancées par le Parti Québécois, près de 1 200 incidents impliquant des véhicules associés au modèle des « chauffeurs au rabais » auraient été recensés en 2024.
Le PQ soutient également que certaines entreprises utilisant ce modèle peuvent réduire leurs coûts de 20 à 30 %, créant ainsi une concurrence difficile pour les transporteurs qui respectent les obligations fiscales, les normes du travail et les règles de sécurité.
Pour le député des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau, les différents ordres de gouvernement tardent à intervenir suffisamment. Le député critique notamment certaines failles dans la formation et la délivrance des permis en Ontario ainsi que la réponse du gouvernement fédéral.
Le PQ reproche également au gouvernement québécois de ne pas avoir encore permis le retour complet des patrouilles des contrôleurs routiers, qu’il affirme suspendues depuis 17 mois.
Des sanctions qui viseraient aussi les employeurs
L’une des propositions importantes du Parti Québécois consiste à ne plus concentrer les sanctions uniquement sur le conducteur.
Le parti souhaite revoir les amendes et renforcer les sanctions concernant notamment :
les dépassements des heures de conduite autorisées;
les infractions aux règles de circulation;
les défectuosités mécaniques;
les entreprises et employeurs responsables des pratiques non conformes.
Le PQ veut également responsabiliser les grandes entreprises qui confient du transport à des sous-traitants ayant recours à des chauffeurs non conformes. Des amendes pourraient ainsi être imposées aux entreprises qui utilisent cette forme de sous-traitance.
Cette approche pourrait avoir des conséquences importantes dans l’industrie puisqu’elle chercherait à remonter la chaîne contractuelle plutôt que de limiter l’intervention au chauffeur intercepté sur la route.
Protéger les chauffeurs qui dénoncent les pratiques illégales
Le Parti Québécois propose également de mettre en place des mécanismes permettant de protéger les camionneurs qui dénoncent des entreprises ayant recours à ces pratiques.
Cette mesure vise notamment à faciliter le signalement de situations où des chauffeurs pourraient subir des pressions pour contourner les règles sur les heures de service, l’entretien des véhicules ou d’autres obligations réglementaires.
Plus de surveillance à la frontière Québec-Ontario
Le deuxième volet du plan concerne directement la surveillance.
Le PQ propose notamment d’élargir les heures d’ouverture des postes de pesée situés à la frontière entre le Québec et l’Ontario.
Le parti envisage également des mesures pouvant restreindre l’accès au territoire québécois pour les transporteurs qui accumulent plusieurs infractions.
Le partage d’informations entre les différents ministères et organismes gouvernementaux serait également amélioré afin de permettre aux autorités d’identifier plus rapidement les transporteurs problématiques.
Davantage de moyens pour les contrôleurs routiers
Le Parti Québécois souhaite aussi renforcer les capacités de Contrôle routier Québec.
Il propose un meilleur accès aux données nécessaires aux interventions, davantage d’effectifs dans les postes de contrôle ainsi qu’une formation accélérée au maniement des armes à feu afin de permettre la reprise rapide des patrouilles.
Le député d’Arthabaska, Alex Boissonneault, résume l’approche proposée par son parti autour d’un principe : « À travail égal, mêmes règles pour tous. »
Québec a déjà resserré certaines règles
Le dossier des « chauffeurs au rabais » fait déjà l’objet de plusieurs interventions gouvernementales.
Depuis juillet, le Québec impose notamment de nouvelles exigences aux titulaires ontariens d’un permis de classe 1 comptant moins de 24 mois d’expérience lorsqu’ils souhaitent échanger leur permis pour un permis québécois. Ceux-ci doivent réussir les examens pratiques de la SAAQ et, après deux échecs, suivre une formation obligatoire.
Une formation obligatoire pour l’accès à la conduite de véhicules lourds est par ailleurs en vigueur au Québec depuis le 15 décembre 2025.
Un enjeu qui dépasse la sécurité routière
Le phénomène soulève également des questions économiques et fiscales.
En janvier dernier, des données rapportées par l’Association des professionnels du dépannage du Québec faisaient état de plus de 3,8 millions de dollars en factures impayées sur deux ans chez des entreprises de remorquage québécoises aux prises avec certains transporteurs associés au phénomène.
Le débat ne concerne donc plus uniquement la formation des chauffeurs. Il touche maintenant la responsabilité des transporteurs, des sous-traitants et des donneurs d’ouvrage, de même que la capacité des gouvernements à faire respecter les mêmes règles pour l’ensemble de l’industrie.
Avec ses propositions dévoilées vendredi, le Parti Québécois fait de ce dossier un engagement politique en vue d’un éventuel prochain gouvernement.



