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Intelligence artificielle et gestion de flotte : Samantha Thompson de Penske mise sur des outils concrets, sans écarter l’expertise humaine

il y a 3 minutes
4 min de lecture
Source: American Trucking Associations — Mid-Year Management Session 2026
Source: American Trucking Associations — Mid-Year Management Session 2026

L’intelligence artificielle prend une place de plus en plus importante dans la gestion des flottes de véhicules lourds. Chez Penske Transportation Solutions, Samantha “Sam” Thompson défend une approche très concrète : utiliser l’IA pour mieux exploiter les données, anticiper certains problèmes mécaniques, comparer les performances et soutenir les équipes plutôt que chercher à remplacer leur expertise.


Vice-présidente, Customer Success and Fleet Telematics chez Penske Transportation Solutions, Samantha Thompson dirige des équipes qui accompagnent les clients dans l’adoption et l’intégration de technologies de transport. Elle travaille chez Penske depuis 2012 et fait partie des intervenants retenus par l’American Trucking Associations pour discuter de l’avenir de l’intelligence artificielle dans les flottes.


En 2026, elle a notamment participé à la séance « Bridging the Gap: AI and the Future of Fleets »lors du Mid-Year Management Session de l’American Trucking Associations. Cette rencontre portait sur l’utilisation des données, de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies pour améliorer l’efficacité, la sécurité et la qualité des décisions dans les opérations de flotte.


Transformer les données en décisions utiles


Pour Penske, le défi n’est plus de recueillir davantage de données. Les flottes en possèdent déjà énormément grâce aux véhicules connectés, aux systèmes télématiques et aux différents outils numériques.


L’enjeu consiste plutôt à transformer cette masse d’information en indications réellement utiles pour les gestionnaires.


Penske affirme recevoir plus de 300 millions de messages par jour provenant de ses véhicules connectés. Son moteur d’intelligence artificielle Catalyst AI traite plus de 100 milliards de points de données et peut exécuter plus de 300 modèles simultanément afin de comparer les performances de flottes présentant des caractéristiques semblables.


Cette approche permet notamment d’examiner la consommation de carburant, l’utilisation des équipements, les coûts d’entretien et les différences de performance entre plusieurs véhicules ou établissements.


Pour Samantha Thompson, cette comparaison est particulièrement importante. Un chiffre pris isolément ne permet pas toujours de déterminer si une flotte performe réellement bien. L’intérêt de l’IA est donc de replacer les résultats dans un contexte comparable, selon le type de véhicule, les opérations réalisées et les conditions d’utilisation.


Détecter les problèmes avant la panne


L’entretien prédictif est l’un des domaines où l’intelligence artificielle pourrait avoir les effets les plus immédiats.


Les systèmes télématiques peuvent suivre en continu les données du moteur et différents paramètres de fonctionnement. Lorsque certaines combinaisons de codes d’erreur ou de comportements ressemblent à celles qui précèdent habituellement une défaillance, Penske peut intervenir avant qu’un camion tombe en panne sur la route.


L’objectif est simple : réduire les immobilisations imprévues et planifier davantage de réparations avant qu’un problème mineur se transforme en interruption coûteuse des opérations.


Pour les transporteurs, une telle approche peut devenir particulièrement intéressante lorsqu’un camion doit respecter des horaires serrés, livrer une marchandise sensible ou parcourir de longues distances loin de son terminal.


L’IA comme outil d’aide plutôt que comme remplacement


La vision présentée par Thompson ne consiste pas à retirer l’humain du processus.


Au contraire, Penske présente l’intelligence artificielle comme un outil permettant aux équipes de mieux cibler leur attention.


Les systèmes peuvent analyser des volumes de données impossibles à examiner manuellement, identifier des anomalies et faire ressortir les véhicules qui méritent une vérification plus approfondie.


Le technicien, le gestionnaire de flotte ou le responsable des opérations conserve ensuite un rôle essentiel dans l’interprétation des résultats et dans la décision finale.


Cette logique correspond aussi au thème retenu par l’American Trucking Associations en 2026 : comprendre comment l’IA peut soutenir les opérations, améliorer la sécurité et aider les organisations à prendre des décisions plus éclairées.


Une IA déjà présente dans les opérations


L’intelligence artificielle appliquée au camionnage ne se limite donc plus aux projets expérimentaux.


Penske utilise déjà Catalyst AI pour établir des comparaisons entre véhicules et installations et pour faire ressortir les écarts de performance. L’entreprise propose également un outil appelé Fantasy Fleet, qui permet à un gestionnaire de visualiser ce que donnerait sa flotte si davantage de véhicules atteignaient les performances de ses meilleurs équipements.


Selon Penske, son enquête menée auprès de plus de 250 dirigeants du transport et de la logistique montre également une progression rapide de l’adoption de ces technologies : 70 % des répondants déclaraient avoir déjà adopté certaines solutions d’intelligence artificielle, comparativement à 53 % l’année précédente.


Les répondants ont notamment rapporté des améliorations dans la planification des flottes, l’optimisation des routes, l’efficacité opérationnelle et la sécurité des conducteurs.


Un enjeu aussi important pour les ateliers


L’American Trucking Associations et son Technology & Maintenance Council ont d’ailleurs accordé une place importante à l’intelligence artificielle lors de leur rencontre d’automne 2026.


Samantha Thompson figurait parmi les conférenciers de l’événement, alors que plusieurs séances étaient consacrées à l’utilisation de l’IA dans la spécification des véhicules, la productivité des ateliers et l’évolution des emplois dans le transport de marchandises.


Cela montre à quel point le débat évolue rapidement.


La question n’est plus seulement de savoir si l’intelligence artificielle finira par entrer dans les garages et les services de gestion de flotte. Elle consiste maintenant à déterminer comment l’intégrer sans perdre l’expertise mécanique, opérationnelle et humaine qui demeure indispensable.


Une nouvelle façon de gérer les flottes


L’approche défendue par Samantha Thompson et Penske repose finalement sur une idée assez simple : les flottes possèdent déjà énormément d’information, mais encore faut-il être capables de l’utiliser au bon moment.


L’intelligence artificielle peut aider à réduire le bruit, faire ressortir les données importantes et orienter l’attention des équipes vers les véhicules ou les opérations qui nécessitent réellement une intervention.


Dans un secteur où chaque heure d’immobilisation peut coûter cher, l’utilisation combinée de la télématique, de l’entretien prédictif et de l’intelligence artificielle pourrait devenir un outil de gestion de plus en plus courant.


Mais chez Penske comme dans les discussions organisées par l’American Trucking Associations, le rôle de la technologie demeure celui d’un outil d’aide à la décision.


L’expérience des mécaniciens, le jugement des gestionnaires et la connaissance du terrain restent au cœur des opérations.


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