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Montréal : un mécanicien de Cintas meurt écrasé sous un camion, la CNESST révèle les causes de l’accident

il y a 3 heures
4 min de lecture

Source: CNESST


MONTRÉAL, 5 novembre 2026 – La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a rendu publiques, le 4 novembre, les conclusions de son enquête concernant un accident de travail mortel survenu le 10 avril 2026 dans les installations de Cintas Canada Ltée, dans le quartier Saint-Michel, à Montréal.


Un mécanicien qui tentait de diagnostiquer une panne de démarrage sur un véhicule lourd a perdu la vie après avoir été coincé sous une roue lorsque le camion s’est soudainement déplacé vers l’avant.



L’enquête révèle que le véhicule n’était pas adéquatement immobilisé et que la méthode de diagnostic utilisée avait contourné les dispositifs de sécurité du système de démarrage.


Un accident mortel survenu le 10 avril 2026


Selon le rapport officiel de la CNESST, l’accident s’est produit vers 7 h 45, dans le stationnement de l’entreprise Cintas Canada Ltée.


Le mécanicien effectuait des vérifications sur un véhicule lourd présentant une panne de démarrage.


Afin de déterminer l’origine du problème, il s’est placé sous le véhicule, à proximité de la roue avant droite, pour effectuer une intervention sur le système de démarrage.


Le travailleur a alors relié les bornes du solénoïde afin d’alimenter manuellement le démarreur.


Cette manipulation a provoqué le démarrage du moteur alors que la transmission du véhicule était engagée en marche avant.


Le camion s’est déplacé brusquement, coinçant le mécanicien entre une roue et le sol.


Les services d’urgence ont été appelés, mais le décès du travailleur a été constaté sur les lieux.


La transmission était engagée en marche avant


L’enquête de la CNESST met en lumière un élément déterminant dans le déroulement de cet accident.


Au moment de l’intervention, la transmission automatique du véhicule était positionnée en marche avant, soit en position D.


Normalement, les dispositifs de sécurité du système de démarrage empêchent le moteur de démarrer lorsque la transmission n’est pas en position de stationnement (P) ou au point mort (N).


Toutefois, en alimentant directement le démarreur par le solénoïde, le mécanicien a contourné le circuit de commande normal du véhicule.


Cette intervention a permis au moteur de démarrer malgré la position de la transmission.


Comme le véhicule n’était pas suffisamment immobilisé pour prévenir un mouvement imprévu, notamment par l’installation de cales de roue, il a avancé subitement.


Le mécanicien se trouvait alors dans une zone dangereuse, directement exposée au déplacement du camion.


Deux causes principales retenues par les enquêteurs


Au terme de son enquête, la CNESST a identifié deux causes à l’origine de l’accident mortel.


1. Le démarrage manuel du véhicule


Le mécanicien a alimenté directement le démarreur pendant qu’il se trouvait sous le véhicule.


Cette intervention a entraîné le déplacement imprévu du camion, provoquant le coincement mortel du travailleur.


2. L’absence d’une méthode adéquate de contrôle des énergies


Les enquêteurs ont également retenu l’absence d’une méthode de contrôle des énergies adaptée aux travaux effectués sous le véhicule.


Une telle procédure vise notamment à prévenir tout mouvement inattendu d’un équipement pendant des travaux d’entretien, de diagnostic ou de réparation.


Selon la CNESST, cette lacune a exposé le mécanicien à un danger d’écrasement.


La CNESST avait interdit certains travaux après l’accident


À la suite de l’accident, la CNESST est intervenue dans l’établissement.


Le 13 avril 2026, soit trois jours après le décès, l’organisme a interdit les travaux de réparation et de diagnostic liés aux pannes de démarrage des véhicules.


Cette décision visait à prévenir la répétition d’un accident semblable.


La CNESST a notamment exigé des mesures correctives concernant l’élaboration et l’application d’une méthode de contrôle des énergies, ainsi que la formation des travailleurs.


Le rapport d’enquête, daté du 27 octobre 2026, précise que cette interdiction était toujours en vigueur au moment de sa rédaction.


Il ne permet toutefois pas de déterminer si elle a été levée depuis.


Des mesures de prévention essentielles pour les ateliers mécaniques


La CNESST rappelle que les travaux d’entretien et de réparation des véhicules lourds présentent plusieurs risques, particulièrement lorsqu’un travailleur doit intervenir sous un véhicule ou sur un système pouvant provoquer un mouvement mécanique.


Pour prévenir ce type d’accident, l’organisme recommande notamment :


  • D’élaborer des procédures documentées de contrôle des énergies adaptées aux équipements mobiles.

  • De former les mécaniciens et les autres travailleurs aux méthodes de travail sécuritaires.

  • De respecter les consignes et les procédures de réparation établies par les fabricants.

  • D’empêcher tout déplacement imprévu des véhicules pendant les interventions.

  • De maintenir les travailleurs à l’écart des zones dangereuses où un mouvement pourrait entraîner un coincement ou un écrasement.


Ces mesures concernent directement les ateliers de mécanique de véhicules lourds, les entreprises de transport routier, les gestionnaires de flottes et les services d’entretien mécanique.


Un rappel important pour l’industrie du camionnage


Cet accident soulève des enjeux importants concernant la sécurité des mécaniciens de véhicules lourds.


Dans l’industrie du camionnage, les interventions sur les systèmes de démarrage, les transmissions et les composants mécaniques exigent des procédures rigoureuses.


Un véhicule immobilisé en apparence peut néanmoins présenter un danger si ses sources d’énergie ne sont pas adéquatement contrôlées.


La prévention ne repose donc pas uniquement sur les connaissances techniques des travailleurs.


Elle nécessite également des procédures clairement définies, de la formation et des mesures permettant d’éliminer les risques avant le début des travaux.


Le contrôle des énergies, souvent associé au cadenassage dans les installations industrielles, doit aussi être adapté aux particularités des véhicules et des équipements mobiles.


Les conclusions seront transmises à l’industrie et aux établissements de formation


La CNESST indique que les conclusions de l’enquête seront transmises aux associations d’employeurs et de travailleurs ainsi qu’aux partenaires concernés.


Le ministère de l’Éducation recevra également les conclusions afin qu’elles puissent être diffusées dans les établissements scolaires visés.


L’objectif est de sensibiliser les futurs travailleurs, les mécaniciens en formation et les entreprises aux dangers liés aux interventions mécaniques sur les équipements mobiles.


La CNESST estime que l’accident aurait pu être évité


Dans son communiqué du 4 novembre 2026, la CNESST conclut que la mise en place et l’application d’une méthode appropriée de contrôle des énergies auraient pu prévenir cet accident mortel.


Ce drame rappelle l’importance de reconnaître les risques de mouvement inattendu d’un véhicule lourd, même pendant une simple opération de diagnostic mécanique.


Pour les entreprises de camionnage et les ateliers de réparation, les conclusions de cette enquête constituent un rappel de l’importance de procédures de travail sécuritaires et adaptées aux équipements utilisés.

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