La déconstruction du pont Champlain d’origine est maintenant terminée

Après plusieurs années de planification et de travaux complexes, la déconstruction du pont Champlain d’origine est maintenant complétée. Ce chantier majeur laisse derrière lui bien plus que la disparition d’une infrastructure emblématique : il ouvre la porte à de nouveaux espaces publics, à la restauration de milieux naturels et à la réutilisation d’une importante quantité de matériaux.
Selon Ponts Jacques Cartier et Champlain Inc. (PJCCI), le projet représentait un défi technique important en raison notamment de la longueur de l’ancien pont, qui dépassait trois kilomètres, de sa présence au cœur du fleuve Saint-Laurent et de la proximité des secteurs urbains de Montréal et de la Rive-Sud.
Un chantier hors norme sur le Saint-Laurent
La déconstruction a nécessité plusieurs opérations majeures, notamment la descente contrôlée de la travée principale, le démantèlement progressif de la structure et le retrait des différentes piles qui soutenaient autrefois le pont.
Les travaux devaient également être réalisés en limitant les impacts sur la navigation, la circulation routière, les communautés riveraines ainsi que les milieux naturels entourant le chantier.
Le pont Champlain d’origine, longtemps considéré comme l’un des principaux liens entre Montréal et la Rive-Sud, cède donc définitivement sa place à une nouvelle vocation pour les terrains qu’il occupait.
96 % des matériaux réutilisés ou recyclés
L’un des éléments importants du bilan dévoilé par PJCCI concerne la gestion des matériaux provenant de l’ancien pont.
Selon l’organisation, 96 % des matériaux issus de la déconstruction ont été réutilisés ou recyclés, tandis que 100 % des matériaux ont fait l’objet d’une traçabilité.
Le projet s’inscrivait notamment dans une approche d’économie circulaire visant à réduire la quantité de matériaux envoyés à l’élimination et à prolonger leur durée de vie.
Plusieurs éléments de l’ancien pont ont d’ailleurs été récupérés pour être intégrés à d’autres projets.
Près de 200 composantes du pont trouvent une nouvelle vie
Dans le cadre d’un concours pancanadien mis sur pied par PJCCI, près de 200 composantes structurales de l’ancien pont ont été attribuées à 11 projets réalisés dans différentes régions du Canada.
Ces pièces pourront notamment servir à des projets communautaires, artistiques, éducatifs ou récréatifs.
Cette démarche permet de conserver physiquement certaines parties de l’ancien pont Champlain tout en leur donnant une nouvelle fonction.
Des habitats naturels restaurés
Le projet comprenait également plusieurs interventions environnementales.
Des habitats aquatiques et riverains ont été restaurés ou améliorés et différentes mesures ont été mises en place afin de protéger la faune et la flore pendant les travaux.
Pour PJCCI, cette dimension environnementale faisait partie intégrante du projet de déconstruction et devait permettre de réduire l’empreinte du chantier sur le Saint-Laurent.
Près de sept hectares libérés
La disparition du pont Champlain d’origine a également permis de libérer près de sept hectares de terrains.
Une partie de ces espaces a été transformée dans le cadre du Parcours Héritage Champlain, réparti dans trois secteurs : l’Île-des-Sœurs, la Digue de la Voie maritime et Brossard.
Le parcours comprend notamment des sentiers piétonniers, une piste cyclable, des aires de repos, des panneaux d’interprétation ainsi qu’un belvédère construit en partie avec des matériaux provenant de l’ancien pont.
Le Parcours Héritage Champlain a officiellement été inauguré le 26 août 2026.
Une reconnaissance internationale
Le projet de déconstruction a également obtenu la reconnaissance Envision Or, remise par l’Institute for Sustainable Infrastructure.
Cette certification évalue différents aspects d’un projet d’infrastructure, notamment l’utilisation responsable des ressources, la protection de l’environnement, la résilience ainsi que la qualité de vie et la gouvernance.
Un chantier qui pourrait servir de référence
Au-delà de la déconstruction elle-même, PJCCI souligne que plusieurs projets de recherche et développement ont été réalisés pendant les travaux.
Les connaissances acquises concernent notamment la déconstruction d’infrastructures majeures, la valorisation des matériaux, la protection de l’environnement et la gestion de projets complexes.
Ces résultats pourraient maintenant être utilisés dans d’autres projets d’infrastructures au Canada.
La disparition du pont Champlain d’origine marque donc la fin d’un important chapitre de l’histoire du réseau routier montréalais, mais également le début d’une nouvelle utilisation des espaces autrefois occupés par cette infrastructure majeure.



