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Guerre commerciale : Unifor accuse Québec de délaisser sa dernière usine de camions lourds

28 août
3 min de lecture
Source: Unifor
Source: Unifor

Sainte-Thérèse | 28 août 2026 — En pleine guerre commerciale avec les États-Unis, Unifor Québec hausse le ton contre le gouvernement québécois. Le syndicat dénonce les politiques d’achats publics qui, selon lui, ne favorisent pas suffisamment les camions assemblés au Québec, alors que l’usine PACCAR de Sainte-Thérèse continue de subir les contrecoups des tarifs américains.



Au cœur de la sortie d’Unifor : deux appels d’offres lancés par la Société des alcools du Québec (SAQ) pour l’acquisition de camions. Selon le syndicat, le critère d’adjudication repose sur le plus bas prix, sans accorder de valeur particulière aux retombées économiques québécoises, aux emplois manufacturiers locaux ou à la résilience des chaînes d’approvisionnement.


Autrement dit, déplore Unifor, un camion assemblé par des travailleurs québécois à Sainte-Thérèse se retrouve évalué de la même manière qu’un véhicule importé.


PACCAR de Sainte-Thérèse au cœur des préoccupations


L’enjeu est particulièrement sensible puisque l’usine PACCAR de Sainte-Thérèse représente la dernière usine d’assemblage de camions lourds au Canada.


L’établissement assemble notamment des camions Kenworth et Peterbilt et faisait vivre, selon Unifor, environ 1 400 familles.


Mais la guerre commerciale a durement frappé ses activités.


Unifor affirme que plus de 600 emplois ont été perdus à l’usine depuis l’imposition par Washington, en vertu de l’article 232, de tarifs de 25 % sur les camions lourds.


Pour le syndicat, le Québec dispose pourtant d’un levier important pour soutenir l’usine : ses propres achats publics.


Unifor réclame une directive aux sociétés d’État


Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor, estime qu’il existe une contradiction entre la volonté du gouvernement de protéger l’économie québécoise contre les tarifs américains et les pratiques d’approvisionnement de certaines sociétés d’État.


« On ne peut pas prétendre se battre pour nos emplois le lundi et acheter à l’étranger le mardi, avec l’argent des Québécoises et des Québécois », dénonce Daniel Cloutier.


Unifor demande ainsi à la première ministre Christine Fréchette d’émettre rapidement une directive à l’ensemble des sociétés d’État afin qu’elles adoptent ou renforcent une véritable politique d’approvisionnement favorisant davantage l’économie québécoise.


Le syndicat reconnaît que la SAQ possède déjà une politique d’approvisionnement en ce sens, mais juge celle-ci insuffisante.


Unifor soutient qu’il serait possible d’aller plus loin tout en respectant les accords commerciaux auxquels le Québec est assujetti.


La guerre commerciale ajoute de la pression


Cette intervention survient dans un contexte commercial particulièrement tendu entre le Canada et les États-Unis.


Unifor souligne notamment les tarifs qui touchent les camions lourds et une nouvelle vague de droits de douane américains atteignant 50 % sur certains produits québécois.


Pour le secteur manufacturier et celui du camionnage, ces mesures peuvent avoir des conséquences directes sur les coûts, les commandes, les investissements et, ultimement, les emplois.


La situation de PACCAR à Sainte-Thérèse devient ainsi, aux yeux du syndicat, un exemple concret des répercussions de cette guerre commerciale sur l’industrie québécoise.


Unifor interpelle les partis politiques avant les élections


À quelques semaines du scrutin québécois du 5 octobre, Unifor veut également faire de l’approvisionnement public un enjeu de la campagne électorale.


Le syndicat met les différents partis au défi d’indiquer clairement dans leurs plateformes comment ils comptent utiliser les achats des sociétés d’État pour soutenir les intérêts économiques et manufacturiers du Québec.


Pour Daniel Cloutier, l’objectif est désormais de générer des commandes pour maintenir l’activité industrielle à Sainte-Thérèse.


« Les travailleuses et les travailleurs de Sainte-Thérèse ne veulent pas de la sympathie. Ils veulent des commandes », affirme-t-il.


L’achat local pourrait-il devenir un enjeu majeur de la campagne?


La sortie d’Unifor soulève une question qui risque de revenir dans le débat politique : jusqu’où le gouvernement québécois peut-il aller pour privilégier les produits fabriqués ici dans ses marchés publics tout en respectant ses obligations commerciales?


Pour l’industrie du camion lourd, l’enjeu dépasse la simple acquisition de véhicules. Il touche directement le maintien d’une expertise manufacturière québécoise, les emplois de l’usine de Sainte-Thérèse et l’avenir de la dernière usine canadienne d’assemblage de camions lourds.


Avec la guerre commerciale qui se poursuit, Unifor veut maintenant que les achats publics deviennent un véritable outil de politique industrielle.


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