Enquête du coroner sur le camionnage : l’ARPQ appuie l’ACQ et réclame une mobilisation contre les pratiques illégales

Source: ARPQ
MONTRÉAL, 6 novembre 2026 — Alors que se poursuivent les audiences publiques du coroner sur les collisions mortelles impliquant des camions lourds au Québec, l’Association des routiers professionnels du Québec (ARPQ) lance un appel à la collaboration entre les différents acteurs de l’industrie du transport routier. L’association accueille favorablement le message de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), qui souhaite une mobilisation collective pour lutter contre les pratiques illégales, renforcer la sécurité routière et assurer une concurrence plus équitable.
Les audiences tenues au palais de justice de Montréal réunissent notamment des représentants de l’industrie du camionnage, des organismes gouvernementaux, des experts et des intervenants concernés par les questions de sécurité et de conformité.
Pour l’ARPQ, cette enquête représente une occasion importante de dépasser les discussions et de travailler à des solutions communes, durables et mesurables.
L’ARPQ appuie l’appel à la collaboration de l’ACQ
Présente dans le cadre de l’enquête publique, l’Association des routiers professionnels du Québec accueille favorablement le message transmis par l’Association du camionnage du Québec concernant la nécessité de travailler ensemble.
L’une des principales préoccupations soulevées concerne les activités de conducteurs et d’entreprises qui ne respectent pas les exigences légales et réglementaires applicables au transport routier.
L’ARPQ estime que cette problématique ne peut être réglée uniquement par les autorités de contrôle ou par une seule association.
Elle considère plutôt que les transporteurs, les camionneurs, les propriétaires-exploitants, les donneurs d’ouvrage, les organismes de formation et les gouvernements doivent contribuer à une démarche commune.
L’objectif est de favoriser une industrie dans laquelle les mêmes règles sont appliquées à tous, sans pénaliser les entreprises et les conducteurs qui respectent leurs obligations.
Des pratiques illégales qui préoccupent l’industrie
Selon l’ARPQ, la présence de conducteurs ou d’entreprises qui contournent les exigences réglementaires représente un enjeu à la fois pour la sécurité routière et pour la concurrence dans le secteur.
Les entreprises de transport conformes doivent notamment assumer leurs responsabilités en matière de :
Qualification et formation des conducteurs;
Entretien et inspection des véhicules lourds;
Respect des heures de conduite et de repos;
Gestion des documents et des obligations réglementaires;
Conformité des opérations de transport;
Prévention des accidents et sécurité routière.
Ces obligations nécessitent des investissements en temps, en formation, en personnel et en ressources financières.
Lorsqu’une entreprise contourne certaines de ces exigences, elle peut réduire artificiellement ses coûts d’exploitation et bénéficier d’un avantage concurrentiel au détriment des transporteurs qui respectent les règles.
L’ARPQ estime qu’une telle situation nuit à l’intégrité de la profession et fragilise la confiance envers l’industrie.
Il demeure toutefois important de distinguer les pratiques illégales documentées des situations simplement soupçonnées de non-conformité. Le statut d’un conducteur ou d’une entreprise doit être évalué selon les lois applicables et les faits propres à chaque dossier.
La sécurité routière doit demeurer la priorité
Au-delà des enjeux économiques, l’ARPQ rappelle que le respect des règles est directement lié à la protection des conducteurs et des autres usagers de la route.
La formation, les qualifications professionnelles, l’état mécanique des véhicules et le respect des heures de conduite jouent tous un rôle dans la prévention des collisions.
Pour l’association, améliorer la sécurité nécessite donc une approche qui tient compte de l’ensemble des responsabilités entourant les opérations de transport.
Cette démarche doit inclure autant les entreprises que les conducteurs, les fournisseurs de formation, les donneurs d’ouvrage et les autorités responsables de l’application des lois.
Une responsabilité partagée entre les associations, les entreprises et les gouvernements
L’ARPQ considère qu’aucune organisation ne peut, à elle seule, corriger les problèmes de non-conformité dans le transport routier.
Elle souhaite que les intervenants travaillent ensemble afin de mieux identifier les lacunes et les moyens d’intervention.
Parmi les priorités mises de l’avant figurent :
1. Renforcer la formation et la sensibilisation
Améliorer la compréhension des exigences réglementaires et des responsabilités professionnelles des conducteurs et des entreprises.
2. Améliorer l’application des lois existantes
Renforcer les mécanismes de contrôle afin de détecter et de sanctionner plus efficacement les activités non conformes.
3. Identifier les failles du système
Examiner les mécanismes administratifs, réglementaires ou opérationnels qui peuvent faciliter le contournement des obligations.
4. Protéger la concurrence équitable
Veiller à ce que les transporteurs et les propriétaires-exploitants conformes ne soient pas désavantagés par des pratiques illégales.
5. Promouvoir une culture de sécurité
Encourager les comportements professionnels, la prévention et le respect des obligations dans l’ensemble de la chaîne de transport.
L’application des lois existantes au cœur des préoccupations
Cette nouvelle prise de position s’inscrit dans la continuité des préoccupations déjà exprimées par l’ARPQ dans le cadre de l’enquête publique.
L’association soutient que le Québec possède déjà un ensemble important de lois et de règlements encadrant le transport lourd.
Selon elle, le véritable défi réside notamment dans leur application uniforme, la capacité de surveillance et l’efficacité des interventions lorsqu’une infraction est constatée.
Cette approche vise à éviter que l’ajout de nouvelles obligations pénalise davantage les entreprises conformes sans nécessairement corriger les pratiques problématiques.
L’ARPQ souhaite ainsi que les solutions tiennent compte des réalités vécues par les camionneurs, les propriétaires-exploitants et les petites et moyennes entreprises de transport.
Passer des discussions à des actions concrètes
Pour l’ARPQ, la mobilisation de l’industrie ne doit pas se limiter à des déclarations d’intention.
L’association considère que les discussions entourant l’enquête publique doivent éventuellement se traduire par des mesures concrètes et vérifiables.
Elle insiste particulièrement sur trois éléments :
Des responsabilités clairement définies pour les différents intervenants;
Des actions permettant de mesurer les progrès en matière de sécurité et de conformité;
Un suivi transparent afin de vérifier les résultats des mesures mises en place.
Cette volonté de collaboration vise à rapprocher les différents acteurs du transport routier autour de priorités communes.
Une enquête publique portant sur trois décès
L’enquête publique thématique du coroner a été ordonnée le 10 octobre 2025 par le coroner en chef du Québec, Me Reno Bernier.
Elle est présidée par le coroner Me Dave Kimpton, accompagné du Dr Louis Normandin à titre d’assesseur, avec l’assistance de la procureure Me Vanessa Nadeau.
Selon le Bureau du coroner, l’enquête porte notamment sur trois décès survenus lors de collisions impliquant des camions lourds :
Madeline J. Darby, décédée le 15 juillet 2025 à Ange-Gardien;
Tanya Lalonde, décédée le 27 août 2025 sur l’autoroute 30 à Boucherville;
Elliot Lalonde, également décédé le 27 août 2025 dans la même collision.
Le processus vise à examiner les circonstances et les facteurs contributifs de ces événements afin de dégager des pistes de prévention.
Le coroner pourra également tenir compte d’autres événements mortels présentant des circonstances similaires si cela s’avère nécessaire à son analyse.
Il faut rappeler qu’une enquête publique du coroner vise à comprendre les causes et les circonstances de décès et à formuler, au besoin, des recommandations préventives. Elle ne vise pas à déterminer la responsabilité civile ou criminelle des personnes concernées.
Les audiences se poursuivent jusqu’au 13 novembre 2026
Selon le calendrier officiel du Bureau du coroner, les audiences de cette étape de l’enquête se déroulent au palais de justice de Montréal.
Les périodes annoncées comprennent :
Du 26 au 30 octobre 2026;
Du 2 au 6 novembre 2026;
Du 9 au 13 novembre 2026.
Les audiences de novembre doivent notamment contribuer à l’examen de pistes de solution destinées à prévenir d’autres collisions mortelles.
Les propositions présentées par les différents intervenants demeurent des positions et recommandations soumises au processus d’enquête. Elles ne constituent pas, à ce stade, des conclusions officiellement retenues par le coroner ni des décisions gouvernementales.
L’ARPQ poursuivra son engagement auprès de ses membres
Dans sa prise de position, l’Association des routiers professionnels du Québec réaffirme son appui aux initiatives favorisant une meilleure concertation de l’industrie.
Elle souhaite contribuer à un environnement de travail où les conducteurs et les entreprises qui respectent leurs obligations bénéficient d’une reconnaissance équitable.
L’association entend également poursuivre sa collaboration avec les différents intervenants afin de promouvoir la sécurité, la conformité et le professionnalisme dans le transport routier.
Elle indique qu’elle continuera de tenir ses membres informés de l’évolution de l’enquête publique et de ses éventuelles conclusions.
Une industrie plus sécuritaire et plus équitable : un objectif commun
La prise de position de l’ARPQ met en lumière un constat important : les enjeux de sécurité routière et de concurrence équitable dépassent les intérêts individuels des entreprises et des associations.
Pour améliorer durablement les pratiques, les intervenants devront notamment travailler à renforcer la formation, la surveillance et le respect des obligations réglementaires.
En appuyant l’appel à la collaboration de l’ACQ, l’ARPQ souhaite encourager une mobilisation de l’ensemble du secteur afin de lutter contre les activités illégales, protéger les usagers de la route et valoriser les entreprises et les camionneurs qui respectent les règles.
Les conclusions de l’enquête publique du coroner permettront de connaître les recommandations qui seront éventuellement formulées pour renforcer la sécurité entourant les véhicules lourds au Québec.



