top of page

Camionnage au Canada : près de 266 500 entrées de camions en moins en 2025, selon le rapport annuel de Transports Canada

il y a 49 minutes
7 min de lecture
Source: Transports Canada
Source: Transports Canada

OTTAWA, 23 octobre 2026 — L’industrie canadienne du camionnage a traversé une année 2025 marquée par un ralentissement des activités transfrontalières, les tensions commerciales avec les États-Unis et des changements importants dans les chaînes d’approvisionnement. Dans son rapport annuel 2025, Transports Canada confirme une diminution du nombre de camions entrant au pays, tout en soulevant plusieurs défis structurels qui pourraient affecter la compétitivité de l’industrie du transport routier pour les prochaines années.


Le document gouvernemental de 47 pages, intitulé Les Transports au Canada – Rapport annuel 2025, présente un portrait détaillé du transport de marchandises, des infrastructures, des échanges commerciaux, de la sécurité routière et des défis auxquels font face les entreprises canadiennes.


Pour l’industrie du camionnage, certaines conclusions méritent particulièrement l’attention.


Près de 266 500 entrées de camions en moins au Canada en 2025


L’une des données les plus significatives du rapport concerne la diminution du nombre de camions entrant au Canada par les principaux corridors frontaliers.


Selon les statistiques publiées par Transports Canada, les passages de camions entrants dans les régions du Centre, de l’Ouest et de l’Atlantique ont totalisé 5 334 871 en 2024, comparativement à 5 068 418 en 2025.


Cela représente une diminution de 266 453 passages, soit environ 5 % en un an.



Le Centre du Canada, qui comprend notamment les importants corridors commerciaux de l’Ontario et du Québec, demeure de loin la principale région d’entrée des camions.


Les données montrent toutefois que le recul a touché l’ensemble des régions recensées.


Il est important de préciser que ces statistiques comptabilisent les entrées de camions au Canada et non le nombre de camions distincts en circulation ou le volume total du camionnage intérieur.


Les tensions commerciales avec les États-Unis frappent le transport routier


Transports Canada associe ce ralentissement à la transformation des échanges commerciaux nord-américains.


En 2025, les exportations canadiennes vers les États-Unis ont diminué de 5 %, pour s’établir à environ 566 milliards de dollars.


Pendant ce temps, les exportations vers les autres marchés internationaux ont progressé de 16 %.


Les importations provenant des États-Unis ont pour leur part reculé de 4 %, alors que celles en provenance du reste du monde ont augmenté de 10 %.


Ces changements ont eu des conséquences directes sur les besoins en transport de marchandises.


Les secteurs de l’automobile, de la machinerie, des produits forestiers et des métaux ont notamment contribué au ralentissement des volumes de camionnage transfrontaliers.


Le rapport souligne également que les chaînes d’approvisionnement canadiennes et américaines sont fortement intégrées.


Dans l’industrie automobile, par exemple, certaines composantes traversent la frontière plusieurs fois avant qu’un véhicule soit entièrement assemblé.


Une diminution de la production peut donc entraîner une réduction des déplacements de marchandises beaucoup plus importante qu’il n’y paraît initialement.


Le Québec et l’Ontario particulièrement exposés


La situation est particulièrement importante pour les entreprises de transport du Québec et de l’Ontario.


Ces deux provinces jouent un rôle central dans les échanges manufacturiers entre le Canada et les États-Unis.


Selon Transports Canada, les perturbations touchant les produits manufacturés et les métaux ont modifié les volumes de marchandises acheminées dans les corridors du Centre du Canada.


Le rapport indique notamment que la valeur des échanges transportés par route dans cette région a diminué d’environ 1 % en 2025, alors que celle du transport ferroviaire a chuté de 10 %.


À l’inverse, la valeur des échanges transportés par avion et par navire a progressé respectivement de 23 % et de 4 %.


Ces chiffres illustrent un changement dans la composition et les destinations du commerce canadien.


Pour les transporteurs québécois, cette évolution soulève plusieurs enjeux : l’adaptation des itinéraires, la recherche de nouveaux clients, l’évolution de la demande et la dépendance de certaines entreprises au marché américain.


Le Canada se tourne davantage vers les marchés internationaux


Le rapport constate une transformation progressive des habitudes commerciales canadiennes.


Alors que les échanges avec les États-Unis ont diminué, les expéditions vers l’Europe, l’Asie et d’autres marchés internationaux ont connu une croissance.


Cette diversification pourrait modifier à long terme les besoins en transport de marchandises.

Une augmentation des exportations outre-mer peut notamment accroître l’importance des ports, des terminaux intermodaux et des infrastructures reliant les centres de production aux points d’exportation.


Même si certains volumes de marchandises se déplacent vers les réseaux maritime et ferroviaire, le camionnage conserve un rôle essentiel dans les premiers et derniers kilomètres des chaînes logistiques.


Les transporteurs devront cependant s’adapter à l’évolution des corridors commerciaux et à la transformation de la demande.


La productivité du transport canadien parmi les moins performantes du G7


Un autre constat du rapport risque de retenir l’attention des entreprises.


Transports Canada indique que, sur une période de 25 ans, la croissance de la productivité totale des facteurs du secteur canadien des transports a été la plus faible parmi les pays du G7.

Cette situation représente un défi important pour la compétitivité économique du pays.


Le gouvernement identifie notamment plusieurs facteurs :

  • Le vieillissement des infrastructures.

  • Les engorgements dans les principaux corridors commerciaux.

  • Les retards dans l’adoption de certaines innovations.

  • La complexité croissante des exigences réglementaires.

  • Les difficultés liées au recrutement et au renouvellement de la main-d’œuvre.

  • Les coûts associés aux projets d’infrastructure et à leur mise en œuvre.


Ces difficultés ne concernent pas uniquement le camionnage, mais l’ensemble du système canadien des transports.


Elles ont néanmoins des répercussions potentielles sur les entreprises de transport routier, dont la rentabilité dépend notamment de la fluidité des déplacements, des délais de livraison et de l’utilisation efficace des équipements.


La réglementation devient de plus en plus complexe


Transports Canada souligne également que l’industrie des transports figure parmi les secteurs les plus réglementés au pays.

Selon les données présentées dans le rapport, les exigences réglementaires ont considérablement augmenté depuis 2006.


Le gouvernement reconnaît que cette situation peut entraîner des coûts de conformité plus élevés et des délais supplémentaires pour les projets d’infrastructure.


La coordination entre les différentes autorités demeure également complexe, notamment lorsque plusieurs administrations doivent intervenir dans un même projet.


Pour les transporteurs routiers, cette réalité s’ajoute aux obligations existantes concernant la sécurité, les équipements, les conducteurs et les activités interprovinciales ou internationales.

Le rapport ne conclut toutefois pas que toutes les exigences réglementaires sont inutiles. Il met plutôt en évidence la nécessité d’améliorer leur efficacité et leur coordination.


La pénurie de camionneurs demeure un défi structurel


Malgré une certaine amélioration du marché du travail en 2025, Transports Canada considère toujours les difficultés de recrutement comme un enjeu important.


Les chauffeurs routiers figurent explicitement parmi les professions touchées par les pénuries de main-d’œuvre.


Selon le rapport, le nombre d’offres d’emploi a diminué au cours de l’année et le taux de chômage a légèrement augmenté.


Cependant, plusieurs problèmes demeurent :

  • Le vieillissement des travailleurs.

  • Le renouvellement de la main-d’œuvre.

  • Les exigences de formation spécialisée.

  • La concurrence entre les employeurs et les secteurs économiques.

  • Les difficultés de recrutement dans certaines professions techniques.


Le gouvernement estime que ces pressions démographiques pourraient continuer de limiter l’offre de travailleurs dans l’industrie du transport routier.


Ce constat rappelle que le ralentissement de certains marchés ne règle pas nécessairement les problèmes de recrutement à long terme.


Sécurité routière : des progrès à long terme, mais des défis persistants


Le rapport gouvernemental aborde également la sécurité routière au Canada.


Selon Transports Canada, le nombre de décès liés aux collisions routières a diminué de plus des deux tiers depuis les sommets observés au milieu des années 1970.


Le nombre de blessés graves a également reculé de plus de 60 % sur cette longue période.


En 2023, le taux de mortalité routière au Canada s’établissait à 0,76 décès pour 10 000 véhicules immatriculés.


Ces améliorations sont notamment associées à l’évolution de la sécurité des véhicules, à la conception des routes, aux mesures d’application des lois et aux campagnes de sensibilisation.


Il faut toutefois préciser que ces statistiques concernent l’ensemble de la circulation routière et non uniquement les véhicules lourds.


Elles ne permettent donc pas, à elles seules, de mesurer l’évolution particulière des collisions impliquant des camions en 2025.


Les émissions du transport routier toujours importantes


Le rapport annuel présente également un portrait environnemental du secteur des transports.

Selon les données de 2024 utilisées dans la publication, les transports ont généré environ 151 millions de tonnes d’équivalent CO₂, ce qui représentait 22 % des émissions totales de gaz à effet de serre au Canada.


Le transport routier constituait la principale source d’émissions du secteur, avec environ 120 millions de tonnes d’équivalent CO₂.


Les véhicules particuliers représentaient la majorité des émissions routières, tandis que les véhicules utilisés pour le transport de marchandises en représentaient environ 24 %.


Ces données témoignent de l’importance des défis associés à la transition énergétique.


L’amélioration de l’efficacité énergétique, le développement des véhicules à faibles émissions et l’utilisation de carburants moins carbonés figurent parmi les pistes abordées par le gouvernement.


Il faut cependant distinguer les données environnementales de 2024 des statistiques commerciales de 2025 présentées dans le même rapport.


Les infrastructures devront suivre l’évolution du commerce


La transformation des échanges commerciaux pourrait également modifier les priorités en matière d’investissements.


Transports Canada souligne que le développement de nouveaux marchés internationaux exigera des infrastructures efficaces et une meilleure interconnexion entre les modes de transport.


Les ports, les corridors ferroviaires, les routes et les installations logistiques devront pouvoir répondre à ces changements.


Pour le camionnage, la qualité du réseau routier demeure un facteur déterminant.


Les entreprises dépendent notamment de la fiabilité des autoroutes, de l’accès aux zones industrielles, des installations portuaires et des postes frontaliers.


Le rapport met aussi en évidence les conséquences économiques possibles des goulets d’étranglement dans les principaux corridors commerciaux.


Ces enjeux sont particulièrement pertinents pour les régions du Québec où transitent d’importants volumes de marchandises.


Quelles perspectives pour le camionnage en 2026 et les prochaines années?


Transports Canada prévoit que l’incertitude commerciale et économique continuera d’influencer le secteur.


Les tensions géopolitiques, les politiques commerciales américaines, les variations de la demande et les événements climatiques demeurent des facteurs de risque.


Le rapport envisage également une croissance plus modérée de la demande intérieure de transport routier à moyen terme.


Parallèlement, les efforts de diversification du commerce canadien pourraient progressivement accroître l’importance des liaisons entre les centres de production, les ports et les autres infrastructures d’exportation.


Les entreprises de camionnage devront donc composer avec un environnement en transformation.


La capacité d’adaptation des transporteurs, les investissements dans les infrastructures, la disponibilité de la main-d’œuvre et l’efficacité des chaînes logistiques continueront de jouer un rôle déterminant.


Un avertissement pour l’ensemble de l’industrie du camionnage


Le rapport annuel 2025 de Transports Canada dresse le portrait d’un système de transport qui a démontré sa capacité d’adaptation, mais qui demeure confronté à plusieurs problèmes structurels.


Pour l’industrie du camionnage, le recul d’environ 5 % du nombre d’entrées de camions au Canada représente l’un des indicateurs les plus significatifs de l’année.


La diminution des échanges avec les États-Unis, les difficultés de recrutement, les coûts réglementaires et les besoins en infrastructures illustrent les pressions auxquelles les entreprises doivent faire face.


Il serait toutefois prématuré de conclure que l’ensemble du camionnage canadien a reculé dans les mêmes proportions : les statistiques frontalières ne mesurent pas toute l’activité intérieure du secteur.


Une chose demeure claire : les changements commerciaux qui touchent l’Amérique du Nord pourraient transformer durablement les activités de transport au Canada.


Pour les camionneurs, les transporteurs et les entreprises québécoises, les prochaines années seront importantes afin de s’adapter à cette nouvelle réalité.






bottom of page