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L’autoroute 401 pourrait devenir un corridor stratégique pour les camions électriques en Ontario

29 août
4 min de lecture
Source: MÉC
Source: MÉC

L’une des autoroutes les plus importantes pour le camionnage au Canada pourrait éventuellement devenir un vaste corridor consacré au transport électrique. Mobilité Électrique Canada (MÉC)propose au gouvernement ontarien de désigner officiellement l’autoroute 401 comme « corridor stratégique de transport de marchandises électrique », accompagné d’un réseau de recharge à très haute puissance destiné notamment aux camions de classe 8.



La proposition, publiée le 26 août 2026 par le Groupe de travail sur les véhicules moyens et lourds de MÉC, vise autant l’électrification du camionnage que la compétitivité économique du transport de marchandises en Ontario.


L’autoroute 401, une artère essentielle du camionnage canadien


Le choix de la 401 est loin d’être anodin.


L’autoroute traverse le sud de l’Ontario depuis la frontière américaine jusqu’à la frontière québécoise et constitue l’un des corridors de marchandises les plus achalandés d’Amérique du Nord.


Selon MÉC, plus de la moitié des camions circulant sur cet axe ne proviennent pas de l’Ontario. L’organisation estime également qu’entre 60 % et 70 % du PIB canadien provenant des secteurs non primaires est généré dans un rayon de 50 kilomètres de ce corridor.


La 401 constitue par ailleurs une liaison stratégique pour les transporteurs circulant entre le Québec, l’Ontario et les États-Unis.


Des camions électriques avec jusqu’à 800 km d’autonomie


Mobilité Électrique Canada estime que les camions électriques lourds disponibles aujourd’hui peuvent déjà répondre à une grande partie des besoins du transport régional et de courte distance.


Selon les données présentées par l’organisation, certains modèles récents peuvent offrir une autonomie allant jusqu’à 800 kilomètres, avec des temps de recharge pouvant être inférieurs à 30 minutes.


MÉC soutient ainsi que des trajets comme Toronto–Montréal ou Toronto–Michigan sont réalisables avec les technologies actuellement disponibles.


Le corridor ontarien pourrait également devenir un maillon permettant de connecter les infrastructures de recharge pour camions déjà en service ou en développement au Québec, au Michigan et en Nouvelle-Angleterre.


Des économies de 10 % à 20 % avancées pour les camions de classe 8


L’un des arguments les plus importants avancés par MÉC concerne les coûts d’exploitation.


L’organisation estime que, selon les applications et les conditions d’utilisation, les camions électriques de classe 8 pourraient permettre une réduction du coût total de possession généralement située entre 10 % et 20 %, sans compter les coûts liés au conducteur.


À l’échelle de l’industrie ontarienne, MÉC évalue les économies potentielles à 3 à 6 milliards de dollars annuellement, sur la base du kilométrage parcouru par les camions de classe 8 en Ontario et d’un coût de 1,05 $ par kilomètre.


Il s’agit toutefois d’estimations avancées par Mobilité Électrique Canada; les économies réelles d’un transporteur dépendraient notamment du prix d’achat des véhicules, du coût de l’électricité, du kilométrage, de l’utilisation des équipements et des infrastructures nécessaires.


Un programme « ChargeON Véhicules Lourds » réclamé


Pour rendre le corridor possible, MÉC demande la création d’un programme spécifiquement destiné aux poids lourds : « ChargeON Véhicules Lourds ».


Celui-ci servirait à soutenir financièrement le déploiement de bornes pour camions compatibles avec le Megawatt Charging System (MCS) le long de l’autoroute 401.


Cette technologie de recharge à très haute puissance est considérée comme particulièrement importante pour le camionnage lourd, puisque les énormes batteries des véhicules doivent pouvoir récupérer beaucoup d’énergie pendant des arrêts relativement courts.


Des bornes accompagnées d’aires de repos


Installer des bornes ne suffirait toutefois pas.


Mobilité Électrique Canada recommande que le gouvernement travaille avec le secteur privé pour développer des sites de recharge combinés à des aires de repos, afin que les infrastructures puissent répondre aux besoins des transporteurs longue distance ainsi que des flottes interprovinciales et internationales.


Cette approche pourrait être particulièrement pertinente pour les camionneurs puisque les périodes de recharge pourraient éventuellement être coordonnées avec certains arrêts et périodes de repos.


MÉC souhaite également que les fournisseurs d’électricité et les organismes de réglementation participent dès maintenant à la planification des infrastructures électriques nécessaires.


Car derrière une borne capable d’alimenter plusieurs camions lourds simultanément se trouvent des besoins considérables en puissance électrique et en infrastructures de réseau.


Profiter de l’électricité disponible la nuit


L’organisation estime que l’Ontario possède un avantage supplémentaire : son réseau électrique.


Selon MÉC, la province dispose notamment d’une capacité électrique excédentaire durant la nuit, une période qui pourrait être mise à profit pour la recharge de certaines flottes commerciales.


L’électrification permettrait également de réduire la dépendance de l’Ontario envers le diesel provenant de l’extérieur de la province.


MÉC souligne que plusieurs milliards de dollars sont dépensés annuellement pour importer du diesel. Une partie de ces dépenses pourrait plutôt demeurer dans l’économie ontarienne par l’intermédiaire de la production d’électricité et des investissements dans les infrastructures.


Un corridor qui pourrait éventuellement relier le Québec aux États-Unis


Pour l’industrie québécoise du camionnage, cette proposition est particulièrement intéressante en raison de la position géographique de la 401.


Une infrastructure continue de recharge destinée aux poids lourds pourrait éventuellement faciliter les opérations de camions électriques entre Montréal et Toronto, puis vers le Michigan et d’autres marchés américains.


Le projet pourrait ainsi devenir une pièce importante d’un réseau beaucoup plus vaste de corridors électriques pour le transport de marchandises dans l’est de l’Amérique du Nord.


Cependant, il est important de distinguer la proposition d’un projet déjà approuvé : MÉC demande actuellement au gouvernement de désigner la 401 comme corridor stratégique et de mettre en place les programmes et infrastructures nécessaires. Il ne s’agit donc pas encore d’un corridor entièrement financé et déployé.


Une transformation majeure à planifier pour le camionnage


La proposition soulève aussi une question incontournable pour les transporteurs : à quelle vitesse les infrastructures pourront-elles suivre l’évolution des camions?


L’autonomie des véhicules progresse rapidement, mais le transport longue distance exige un réseau fiable, accessible aux semi-remorques et capable de fournir énormément d’électricité sans immobiliser les équipements pendant de longues périodes.


C’est précisément ce problème que le corridor proposé sur la 401 chercherait à résoudre.


Si l’Ontario décide d’aller de l’avant, l’une des autoroutes les plus fréquentées par les camionneurs canadiens pourrait ainsi devenir un véritable laboratoire grandeur nature pour l’électrification du transport lourd entre le Québec, l’Ontario et les États-Unis.


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