Les camionneurs peuvent sauver des vies : pourquoi le Québec doit parler davantage de la traite de personnes
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Alors que la Police provinciale de l’Ontario (OPP) lance une campagne de sensibilisation à la traite de personnes, une question s’impose : pourquoi le Québec n’en fait-il pas autant?

Les camionneurs parcourent chaque jour des milliers de kilomètres, s’arrêtent dans des haltes routières, des aires de service, des stations-service et des hôtels. Ils sont souvent parmi les premiers témoins de situations inhabituelles. Pourtant, la sensibilisation à la traite de personnes demeure pratiquement absente des discussions dans l’industrie du transport au Québec.
L’initiative de la Police provinciale de l’Ontario (OPP) mérite d’être soulignée. Grâce à un panneau d’affichage de sensibilisation, elle rappelle à la population qu’il est possible de reconnaître certains signes pouvant indiquer qu’une personne est victime d’exploitation.
Parmi les indices à surveiller, on retrouve :
des changements soudains de comportement, d’apparence ou de mode de vie;
des signes de peur, d’anxiété, d’intimidation ou de soumission;
un isolement de la famille, des amis ou du réseau de soutien;
de très longues heures de travail avec peu ou pas de rémunération.
Les experts recommandent également d’encourager les discussions sur la sécurité en ligne, les relations saines et les tactiques utilisées par les recruteurs. Lorsqu’une situation semble anormale, il est important de faire confiance à son instinct et de signaler ses inquiétudes aux autorités compétentes.
Les camionneurs ont un rôle à jouer
En Amérique du Nord, plusieurs programmes de sensibilisation reconnaissent que les conducteurs de véhicules lourds peuvent contribuer à détecter des situations de traite de personnes. Leur présence constante sur les routes en fait des observateurs privilégiés, capables de remarquer des comportements inhabituels dans les relais routiers, les stationnements ou les aires de repos.
C’est pourquoi il est essentiel que cette réalité soit davantage abordée au Québec. Il n’est pas normal que, encore une fois, ce soit le média des camionneurs au Québec qui doive mettre ce sujet en lumière. Les autorités, les associations de transport et les organismes de sécurité publique devraient également informer et sensibiliser les professionnels de la route.
La lutte contre la traite de personnes est l’affaire de tous, et les camionneurs peuvent faire partie de la solution.
Pour obtenir de l’aide ou de l’information, consultez le Centre canadien pour mettre fin à la traite des personnes ou communiquez avec la Ligne d’urgence canadienne contre la traite de personnes au 1-833-900-1010.


