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Contrôle routier Québec : la Fraternité s’inquiète du déploiement des contrôleurs armés et du manque de stabilité

  • il y a 4 jours
  • 4 min de lecture

Source: FCCRQ


La Fraternité des constables du contrôle routier du Québec (FCCRQ) sonne l’alarme concernant l’avenir de Contrôle routier Québec. Dans une lettre datée du 31 août 2026 adressée au président-directeur général de la SAAQ, Serge Lamontagne, le syndicat réclame des réponses rapides sur le déploiement des contrôleurs routiers armés, le transfert vers le ministère de la Sécurité intérieure et la stabilité de la structure de gestion.



Le départ de Guy Tremblay préoccupe la FCCRQ


La lettre, signée par le président de la FCCRQ, Jean-Claude Daignault, fait d’abord état de la « grande déception » du syndicat à la suite du retrait de Guy Tremblay de son poste de vice-président de Contrôle routier Québec, pour des raisons de santé.



Selon la Fraternité, M. Tremblay aurait joué un rôle important au cours des quelque 18 derniers mois dans les démarches entourant le retour des contrôleurs routiers sur les routes du Québec.



Le syndicat estime que son expertise était particulièrement importante dans le dossier du port et de l’utilisation d’une arme de service par les contrôleurs routiers.


La FCCRQ craint maintenant que son départ entraîne une perte d’expertise et puisse éventuellement être suivi par celui d’autres personnes occupant des rôles importants dans le projet.


Une structure de gestion jugée « particulièrement fragile »


La Fraternité soulève également des préoccupations concernant la structure administrative actuelle de Contrôle routier Québec.


Selon les informations présentées dans la lettre, trois postes sur cinq directement sous la responsabilité du vice-président seraient actuellement occupés par intérim.


Le syndicat affirme que plusieurs postes à des niveaux inférieurs seraient également occupés temporairement et que certaines personnes doivent assumer plus d’une fonction.


Pour la FCCRQ, cette situation entraîne des risques d’instabilité, de perte d’expertise et de difficultés dans le suivi des dossiers au moment même où l’organisation doit traverser une importante période de transition.


Des rumeurs concernant le déploiement des contrôleurs routiers armés


Un autre élément majeur de la lettre concerne l’échéancier du retour sur la route.


La FCCRQ rapporte que plusieurs informations circulent parmi ses membres, mais prend soin de les présenter comme des informations non confirmées.


Selon certaines d’entre elles, les contrôleurs pourraient ne pas être redéployés sous la responsabilité de la SAAQ, mais plutôt après leur transfert au ministère de la Sécurité intérieure (MSI), prévu le 1er janvier prochain.


D’autres informations évoqueraient plutôt l’absence de déploiement pendant la période électorale.


La Fraternité demande donc au gouvernement et à la SAAQ de clarifier rapidement la situation.


Elle insiste sur le fait que les contrôleurs routiers ne doivent pas devenir un enjeu de communication politique et soutient que leur mission première demeure la sécurité publique, notamment par la prévention des comportements dangereux et les interventions auprès des véhicules lourds.


« Nous ne sommes pas un outil électoral »


Le syndicat utilise d’ailleurs des mots particulièrement forts dans sa lettre :


« Nous ne sommes pas un outil électoral. Nous sommes un outil de sécurité publique. »


La FCCRQ affirme que plusieurs de ses membres ont consacré beaucoup de temps au projet, certains ayant même repoussé des vacances ou travaillé pendant leurs congés afin de faire progresser le dossier.


Un éventuel report pour des considérations autres que la sécurité routière serait, selon le syndicat, démobilisant pour les contrôleurs concernés.


Le transfert au MSI soulève encore plusieurs questions


À quelques mois du transfert annoncé, la FCCRQ affirme également manquer d’informations concernant les modalités concrètes de cette transition.


Parmi les questions soulevées : l’emplacement futur des bureaux, le sort du personnel civil, le statut des nombreux postes actuellement occupés par intérim et, surtout, l’échéancier réel du déploiement des contrôleurs routiers armés.


Pour le syndicat, la stabilité organisationnelle constitue une condition essentielle à la réussite de cette transformation.


Des effectifs qui seraient passés de 321 à 279 sur papier


La FCCRQ attire également l’attention sur les effectifs disponibles.


Selon les chiffres avancés dans la lettre, Contrôle routier Québec comptait 321 contrôleurs routiers il y a deux ans, contre 279 actuellement sur papier.


Le syndicat précise toutefois que ces 279 personnes ne représenteraient pas toutes des contrôleurs disponibles pour effectuer de la patrouille.


Il faudrait notamment retrancher les employés occupant temporairement des fonctions administratives ou de gestion, ceux affectés à d’autres tâches et les personnes absentes pour différentes raisons.


Cette diminution des ressources inquiète particulièrement la Fraternité alors que l’organisation doit assurer une couverture sur trois quarts de travail et maintenir ses postes de contrôle.


Trois demandes formulées à la SAAQ


Dans sa lettre, la FCCRQ formule essentiellement trois demandes : que la sécurité routière demeure la priorité absolue dans les décisions concernant Contrôle routier Québec; que les membres et leurs représentants soient informés rapidement et avec transparence des intentions concernant le déploiement, le transfert au MSI et la future structure organisationnelle; et que des mesures soient prises afin de préserver l’expertise développée au cours des 18 derniers mois et d’éviter de nouveaux départs.


« La sécurité routière exige des ressources suffisantes, une organisation stable, une chaîne de commandement claire et des personnes qui possèdent l’expertise nécessaire pour intervenir efficacement », écrit la Fraternité.


La lettre a également été transmise en copie au ministre de la Sécurité intérieure, Ian Lafrenière, ainsi qu’au ministre des Transports et de la Mobilité durable, Benoit Charette.


Pour l’industrie du camionnage, le dossier sera particulièrement à surveiller puisque le retour des contrôleurs routiers sur le terrain et les changements apportés à Contrôle routier Québec pourraient avoir des conséquences directes sur la surveillance des véhicules lourds et les opérations de contrôle sur le réseau québécois.

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