« Washington durcit le ton : après les permis, la chasse aux fraudeurs du camionnage »
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Le message est clair : le ménage ne s’arrête pas aux permis de conduire commerciaux « non domiciliés ». Le U.S. Department of Transportation et la Federal Motor Carrier Safety Administration annoncent élargir leur offensive contre les acteurs jugés à risque dans l’industrie : transporteurs « caméléons » (qui se recréent sous une nouvelle identité), « usines à CDL » (CDL mills), testeurs tiers peu rigoureux, et même fabricants d’ELD illégaux.
Lors d’un point de presse le 20 février, le secrétaire aux Transports Sean Duffy et l’administrateur de la FMCSA Derek Barrs ont présenté une stratégie « à plusieurs fronts » pour retirer de la route les conducteurs et les transporteurs jugés non conformes.
Non-domiciled CDL : une règle finale et des effets annoncés
Au cœur de la première phase : la réforme du processus des permis « non domiciliés », avec une règle finale visant à resserrer l’admissibilité en l’arrimant à un statut d’emploi non immigrant vérifiable. Selon les informations relayées, la mesure pourrait toucher jusqu’à environ 194 000 détenteurs de CDL non domiciliés.
Anglais obligatoire : des mises hors service déjà comptabilisées
Autre pilier mis de l’avant par l’administration : l’application de l’exigence de compétence en anglais, présentée comme une condition de sécurité (lecture de signalisation, interactions avec les policiers, etc.). La FMCSA indique qu’environ 14 000 conducteurs auraient été mis « out of service » pour insuffisance de maîtrise de l’anglais depuis le début de l’application renforcée.
« Caméléons », écoles douteuses et ELD illégaux : la prochaine vague
La seconde phase vise la fraude structurée : fermeture accélérée de transporteurs « caméléons », coups de filet contre les CDL mills, resserrement de la certification des écoles et de certains testeurs tiers, et lutte contre la triche aux ELD. Parmi les pistes évoquées : exigences plus strictes de présence physique (contre les « ghost offices ») et davantage d’opérations ciblées.
Appuis dans l’industrie… et pression sur les États
L’Owner-Operator Independent Drivers Association a salué le virage, estimant qu’un relèvement des standards protège le public et les professionnels. Son président Todd Spencer a notamment lié ces failles (écoles frauduleuses, transporteurs caméléons, contrôle linguistique) à des risques de sécurité et de fraude.
Sur le terrain politique, la pression passe aussi par le financement : le California a été cité comme ayant renforcé l’application des tests d’anglais après des menaces de retenue de fonds fédéraux, et l’État de New York aurait annoncé des changements concernant l’accès aux CDL pour les non-citoyens, selon le New York Post.
Et après? Dans les prochains mois, l’efficacité de cette « opération assainissement » se mesurera à deux indicateurs : la capacité à fermer durablement les filières (et pas seulement à déplacer le problème), et la rapidité à sécuriser la chaîne complète — de la formation à la route, en passant par les audits et les systèmes électroniques.



