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Tragédie près d’Opasatika : Guy Bourgouin interpelle Doug Ford et exige des actions immédiates pour sécuriser les routes du Nord ontarien

  • Photo du rédacteur: La Rédaction
    La Rédaction
  • 23 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Photo: OPP


Source: Guy Bourgouin


Une collision mortelle survenue récemment près d’Opasatika, ayant coûté la vie à trois membres d’une même famille, continue de bouleverser le Nord de l’Ontario. Le drame, survenu sur l’un des axes routiers les plus dangereux du pays, a provoqué une vague d’indignation qui dépasse largement les frontières régionales.


Dans la foulée de cette tragédie, Guy Bourgouin, député provincial de Mushkegowuk–Baie-James, a rendu publique une lettre ouverte adressée au premier ministre ontarien, Doug Ford. Le ton est direct, sans détour, et le message est clair : ces morts étaient évitables.


Des autoroutes vitales, sans aucune solution de rechange


Dans le Nord ontarien, les autoroutes 11 et 17 sont bien plus que des voies de circulation. Elles sont des lignes de vie. Il n’existe aucune route alternative pour relier les communautés éloignées aux hôpitaux, aux écoles, aux lieux de travail et aux services essentiels.


Or, au cours des dernières semaines, ces routes ont été fermées à répétition, parfois pendant des journées complètes, laissant des régions entières isolées. Une réalité qui alimente la peur, l’incertitude et, trop souvent, des conséquences tragiques.


Une tragédie qualifiée d’« évitable »


Dans sa lettre, Guy Bourgouin pointe du doigt plusieurs facteurs aggravants, notamment la circulation croissante de chauffeurs de camions lourds insuffisamment formés ou inexpérimentés, contraints d’opérer sur des routes étroites, à une seule voie par direction, où la marge d’erreur est quasi inexistante — particulièrement en conditions hivernales.


Il dénonce également une application laxiste des règlements et l’absence de conséquences réelles pour certaines entreprises de transport récidivistes, pour qui les amendes seraient devenues un simple coût d’exploitation.


Des ministres directement mis en cause


La missive vise explicitement Prabmeet Sarkaria et George Pirie, accusés d’avoir failli à leur responsabilité d’assurer la sécurité du public. Selon le député, malgré les annonces d’investissements en inspection et en contrôle routier, les résultats sur le terrain sont inexistants.



Lettre intégrale de Guy Bourgouin (traduction française officielle)


L’honorable Doug Ford

Premier ministre de l’Ontario

Édifice de l’Assemblée législative

Queen’s Park, Toronto (Ontario) M7A 1A1


Monsieur le Premier ministre,


Je vous écris aujourd’hui à la suite d’une nouvelle tragédie dévastatrice sur les routes du Nord de l’Ontario.


Hier, près d’Opasatika, une collision mortelle a coûté la vie à trois membres d’une même famille.


Ce drame bouleversant a été aggravé par une fermeture prolongée de l’autoroute, laissant une fois de plus les gens du Nord coincés, inquiets et sans aucune solution de rechange.


Cette perte est dévastatrice — et elle était évitable.


Les autoroutes 11 et 17 figurent régulièrement parmi les routes les plus dangereuses au Canada. Pourtant, malgré des années d’avertissements et d’appels à l’action provenant des communautés nordiques, votre gouvernement continue de ne pas poser de gestes significatifs pour améliorer la sécurité.


Ces autoroutes ne sont pas facultatives — elles sont vitales. Il n’existe aucune route alternative. Elles permettent l’accès aux soins de santé, au travail, au transport des biens essentiels, à l’école et au maintien des liens familiaux.


Au cours de la dernière semaine seulement, les autoroutes 11 et 17 ont été fermées la majorité du temps, coupant pratiquement des communautés entières du reste de la province pendant des jours. Les gens ont peur de voyager. Les familles sont inquiètes. Et tragiquement, des vies sont perdues.


Un facteur majeur de cette crise est la présence croissante de conducteurs de camions lourds inexpérimentés ou insuffisamment formés, prenant des risques dangereux sur des routes étroites à une seule voie, sans aucune marge d’erreur. Cette situation est aggravée par une application faible des règles et par l’absence de véritable reddition de comptes pour les entreprises de transport qui continuent d’opérer de façon négligente.


Les entreprises de camionnage et les conducteurs doivent être tenus responsables. Des amendes considérées comme un simple coût d’exploitation ne suffisent pas. Les entreprises qui enfreignent à répétition les règles de sécurité, exploitent des véhicules dangereux ou placent des conducteurs non qualifiés sur nos routes devraient faire face à de sévères sanctions — incluant la suspension ou la révocation de leur droit d’opérer. Lorsque la négligence coûte des vies, les conséquences doivent être réelles.


Votre gouvernement affirme avoir investi dans le personnel d’inspection et d’application de la loi, mais les résultats parlent d’eux-mêmes. Ces investissements sont insuffisants. Les gens du Nord de l’Ontario ne disposent pas des routes les plus sécuritaires en Amérique du Nord — loin de là — et prétendre le contraire ne protège personne.


Le ministre Sarkaria et le ministre Pirie ont échoué à s’attaquer à cette crise de sécurité persistante et urgente. Leur inaction a eu des conséquences bien réelles et mortelles. Si le ministre Sarkaria est incapable d’assumer sa responsabilité d’assurer la sécurité publique sur les routes de l’Ontario, il devrait démissionner. Le leadership est essentiel, et lorsque celui-ci échoue à protéger la population, la reddition de comptes doit suivre.


Ce qui est particulièrement frustrant, c’est que cet enjeu continue d’être traité de manière partisane. Cela doit cesser.


Peu importe l’allégeance politique, les municipalités et des organisations comme FONOMréclament des changements depuis des années. Nous avons proposé des solutions concrètes et réalistes. Elles ont toutes été ignorées ou rejetées.


Il ne s’agit pas de politique. Il s’agit de vies humaines. Il s’agit de familles. Il s’agit de faire ce qui est juste.


Le Nord de l’Ontario ne peut plus attendre. Des mesures immédiates sont nécessaires pour corriger la formation et la délivrance des permis de conduire, renforcer l’application des lois, rétablir une surveillance adéquate de l’entretien hivernal et s’assurer que les entreprises de camionnage respectent les normes de sécurité auxquelles elles sont tenues. Chaque retard augmente le risque qu’une autre famille soit détruite.


Combien de vies faudra-t-il encore perdre avant que votre gouvernement prenne enfin les autoroutes 11 et 17 au sérieux ?


Je vous exhorte à agir maintenant — avant qu’une autre tragédie ne survienne.


Guy Bourgouin, député provincial

Mushkegowuk–Baie-James



 
 
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