Sean Duffy défend la répression du cabotage illégal : 3 200 visas révoqués et 28 000 CDL retirés
- 19 juin
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Le secrétaire américain aux Transports, Sean Duffy, était de passage à Phoenix cette semaine afin de défendre la campagne de répression menée par l’administration Trump contre les conducteurs commerciaux étrangers opérant illégalement aux États-Unis.
Lors d’une rencontre avec des représentants des forces de l’ordre et des médias locaux, Duffy a affirmé que cette opération vise à protéger à la fois les emplois américains et la sécurité routière.
Le cabotage dans la mire
Selon la réglementation fédérale américaine, les camionneurs mexicains peuvent traverser la frontière pour livrer une cargaison aux États-Unis avant de retourner au Mexique. Toutefois, ils ne peuvent pas effectuer de transport domestique entre deux villes américaines sans autorisation spécifique.
Cette pratique, appelée cabotage, est au cœur de la campagne d’application des règles menée par le département des Transports.
« Si des transporteurs mexicains prennent illégalement ces chargements, ils retirent du travail à des familles américaines », a déclaré Duffy.
3 200 visas révoqués depuis janvier
Le département des Transports affirme qu’environ 3 200 conducteurs commerciaux mexicains ont vu leur visa américain révoqué depuis janvier pour des infractions liées au cabotage.
Selon Duffy, les autorités collaborent étroitement avec les services frontaliers afin d’identifier les contrevenants.
Les conducteurs interceptés risquent :
La révocation de leur visa;
Une interdiction temporaire d’entrée aux États-Unis pouvant aller de six mois à un an;
Une exclusion permanente en cas de récidive.
28 000 permis CDL retirés
Duffy a également affirmé que 28 000 conducteurs ont été mis hors service ou ont perdu leur permis commercial (CDL) grâce à une collaboration entre le gouvernement fédéral et plusieurs États américains.
Cette mesure s’inscrit dans une offensive plus large visant à renforcer les contrôles sur les qualifications des conducteurs commerciaux.
L’anglais et la sécurité routière au centre du débat
Le secrétaire aux Transports a aussi insisté sur l’importance de la maîtrise de l’anglais pour les camionneurs circulant aux États-Unis.
Selon lui, les conducteurs doivent être en mesure :
De communiquer avec les policiers;
De comprendre les panneaux routiers;
De réagir adéquatement lors d’une inspection ou d’une situation d’urgence.
Duffy a présenté cette exigence comme un enjeu majeur de sécurité publique.
Des chiffres qui alimentent le débat
Les données de la Federal Motor Carrier Safety Administration indiquent que 3 831 collisions mortelles impliquant des camions lourds ont été recensées aux États-Unis en 2025.
Toutefois, seulement 17 de ces accidents impliquaient des conducteurs visés par les nouvelles mesures fédérales, un chiffre qui représente une très faible proportion du total des collisions mortelles.
Ces statistiques alimentent actuellement un débat au sein de l’industrie concernant l’efficacité réelle de certaines mesures de répression et leur impact sur la fluidité du commerce transfrontalier.
Des impacts possibles à la frontière
Questionné sur les conséquences pour les échanges commerciaux entre les États-Unis et le Mexique, Duffy a reconnu que des ralentissements temporaires pourraient survenir aux postes frontaliers.
Il estime toutefois que la situation devrait rapidement se stabiliser une fois que les transporteurs étrangers comprendront que les règles seront appliquées de façon plus stricte.
Située à proximité du corridor commercial de Nogales Port of Entry, la région de Phoenix demeure l’un des principaux centres logistiques du sud-ouest américain et un point névralgique pour le commerce entre les États-Unis et le Mexique.
Une question qui touche aussi le Canada
Cette offensive américaine est suivie de près par plusieurs acteurs de l’industrie canadienne du transport. Depuis plusieurs mois, les enjeux liés au cabotage, aux permis commerciaux, à la reconnaissance des qualifications des conducteurs étrangers et à l’application des règles de sécurité suscitent également de nombreuses discussions au Canada.
L’évolution de ce dossier pourrait avoir des répercussions importantes sur les corridors commerciaux nord-américains et sur les relations de transport entre les trois partenaires de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).



